14 juillet 2009

Taroko, sauvage et beau (Taiwan)


AN SHIH-CHUNG / PARC NATIONAL DE TAROKO


Le district de Hualien, le plus étendu de l'île, est situé sur le littoral montagneux de la côte orientale, et les étonnants paysages naturels qu'il abrite provoquent des sensations inoubliables.

Créé en 1986, ce parc national couvre plus de 92 000 ha dans la partie nord de la Chaîne centrale, face à l'océan Pacifique, à l'Est. Il tire son nom des Truku (ou Taroko), la population aborigène qui y est installée depuis des centaines d'années. C'est aussi sous ce nom que sont connues les majestueuses gorges de marbre qui bordent la Liwu. Le parc national, qui englobe des sommets dépassant 3 000 m d'altitude, est parcouru d'est en ouest par la sinueuse Route transinsulaire centrale que certains considèrent comme la plus belle route de montagne de l'Asie.

«La première raison au classement de la région en parc national est la volonté de protéger les gorges et les écosystèmes divers qu'on y trouve du fait de la présence de climats variés allant du subtropical à ceux caractéristiques des zones froides, dit Lin Yong-fa, son directeur. Taroko est l'un des sites naturels insulaires les plus célèbres au niveau international, souligne-t-il. Les efforts de protection de ses splendeurs naturelles et de sa diversité écologique remontent à la période coloniale japonaise (1895-1945).


Le sambar, un cerf qu'on aperçoit parfois dans les montagnes de Taroko.

Les autorités coloniales nippones avaient en effet décidé dès les années 30 de réserver trois ensembles géographiques à la création de parcs nationaux : Datun (un groupe de sommets dans les hauteurs de Taipei, aujourd'hui compris dans le Parc national de Yangmingshan), Alishan (un site protégé, dans les montagnes du district de Taichung) et Taroko. Ce dernier devait devenir le plus grand des trois, avec 270 000 ha de montagnes boisées.

La réalisation de ces projets a cependant été suspendue par l'irruption de la guerre du Pacifique, en 1941. La planification n'a repris qu'une trentaine d'années plus tard, après la rétrocession de l'île en 1945 et le repli à Taiwan du gouvernement de la République de Chine en 1949. « L'étape la plus importante a été le vote de la loi des Parcs nationaux en 1972 et l'attribution de leur gestion à l'Agence de construction et de planification, sous tutelle du ministère de l'Intérieur », dit Lin Yong-fa.

Lin Mao-yao, un guide expérimenté travaillant pour le Parc national de Taroko, souligne combien l'existence humaine est humble et éphémère en comparaison des mil lions d'années qui ont été nécessaires pour faire naître des paysages d'une telle beauté. Lorsqu'il fait visiter les gorges de Taroko, il insiste sur la forme en U de la profonde vallée qui a été creusée par la Liwu. Il fait aussi remarquer les innombrables indentations et cavités qui criblent la falaise, face à la Grotte des hirondelles. « Ces cavités, appelées "marmites de géant", ressemblent à des nids d'hirondelle. Elles ont été créées par les mains de la nature.»


Les tatouages faciaux, une tradition interdite par les Japonais en 1913. (LIN MAO-YAO / PARC NATIONAL DE TAROKO)


En parlant de miracles géologiques, n'oublions pas la falaise de Cingshui qui plonge à pic dans les vastes étendues de l'océan Pacifique ! Cette muraille, dans laquelle a été creusée la route qui va de Suao à Hualien, est composée de marbre et de gneiss, et elle constitue une barrière naturelle pour le district de Hualien qui est ainsi resté préservé, contrairement à la côte ouest. « Sans la falaise qui a fait obstacle à un possible développement excessif, ces merveilles auraient pu être sacrifiées à la prospérité économique. » A ces panoramas, il faut ajouter une faune et une flore d'une grande diversité, du fait des importantes différences d'altitude le mont Nanhu culmine à 3 742 m et donc de températures et de climat. La proximité de la mer entraîne par ailleurs des précipitations abondantes qui permettent l'épanouissement d'une végétation luxuriante. « Ici, les visiteurs peuvent admirer une grande variété de types de forêts : de feuillus, mixtes et de conifères subalpins. En d'autres termes, pratiquement toutes les végétations qu'on peut trouver à Taiwan sont représentées ici. » Une étude réalisée par le parc national a permis de recenser 2 093 espèces de plantes vasculaires, dont 132 considérées comme rares ou en danger d'extinction.

La gamme étendue des formations géologiques qu'on peut admirer dans cette région et la végétation exubérante qui s'y développe ont fait naître quantité d'habitats naturels pour une faune très diverse. La moitié des mammifères qu'on peut trouver à Taiwan y sont ainsi présents. Qui plus est, 90% des espèces d'oiseaux et 50% de celles de papil lons se rencontrent dans ce parc national. « On peut donc dire que Taroko est un concentré du kaléidoscope écologique de Taiwan », remarque Lin Yong-fa.


La falaise de Cingshui : un à-pic de 1 000 m tombant dans les eaux bleues du Pacifique. (CHEN MING-CHUNG / PARC NATIONAL DE TAROKO)


Celui-ci a pour projet de créer une base de données concernant le sambar formosan, le plus grand herbivore endémique de Taiwan. « La plupart des parcs nationaux de l'île ont leur animal représentatif, sur lequel ils disposent d'informations biologiques complètes. Par exemple, celui de Shei-pa a le saumon d'eau douce formosan et celui de Yushan l'ours noir formosan. » Le sambar, un cervidé qui peut atteindre 1,78 m et peser jusqu'au 550 kg, fréquente en général les forêts vierges entre 300 et 1 500 m d'altitude. « Nous en observons beaucoup dans le parc na tional, mais nos connaissances sur cet animal sont jusqu'ici limitées. »

Mais ce qui rend Taroko vraiment unique est le patrimoine culturel des populations aborigènes qui y résident. Les Truku ont officiellement été reconnus comme l'une des tribus aborigènes de Taiwan en 2004. Ils se sont séparés des Atayal il y a 250 ans et possèdent leurs propres langue et traditions. Ils pratiquent encore la chasse de temps en temps et ont autrefois développé des techniques sophistiquées de tressage, de tissage de la toile de jute et de macramé. « La création du Parc national de Taroko ne visait pas à déposséder ces gens de leurs terres mais au contraire à préserver leur précieuse culture, souligne Lin Yong-fa. Car l'objectif principal d'un parc national est bien de sauvegarder les richesses naturelles et culturelles. »










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01 juillet 2009

Le lac du Soleil et de la Lune. (Sun Moon Like)


Les habitants de Taïwan sont particulièrement fiers de la beauté naturelle de leur île. Et avec raison, car elle offre une riche variété de sites merveilleux, de la splendeur de ses hautes montagnes aux charmes des méandres de ses rivières.

Peut-être l'attraction touristique la plus réputée à Taïwan est-elle le lac du Soleil et de la Lune 日月潭. Situé dans le hsien (district) de Nantou, le lac est assez proche du centre géographique de l'île. A 760 mètres au- dessus du niveau de la mer, il s'adosse à de magnifiques montagnes.


C'est une nappe d'eau naturelle qui n'a pas toujours connu le succès actuel. La construction d'une centrale hydroélectrique, sous l'occupation japonaise de 1895 à 1945, a fait monter le niveau des eaux du lac. Les berges ont été noyées et l'île Kuanghua, une petite montagne au milieu du lac, s'est vite érodée.

D'une superficie totale de près de 8 kilomètres carrés, le lac semble être divisé par l'île Kuanghua en deux parties, ce qui lui a valu son nom. La partie orientale, plus ronde, ressemble au soleil, tandis que la partie occidentale, en forme de grand demi-cercle, serait la projection de la lune.


Trésor culturel pour les habitants de Taïwan, le lac, hormis sa beauté naturelle extraordinaire, offre alentour plusieurs sites historiques, comprenant des temples, des pagodes, un village aborigène et le fameux Jardin des paons.

A une courte distance d'autres hauts lieux du tourisme insulaire, la région inclut le village de montagne de Puli, l'aire récréative de Shanlinhsi et de Hsitou, une forêt typique de bambou, ainsi que le centre de production théicole de Luku.

A l'estuaire de la rivière Chuoshui qui se jette dans le lac, se tiennent des marécages pleins de roseaux où viennent s'ébattre des oiseaux aquatiques et où vivent d'autres petits animaux.

Pour les voir, il faut emporter ses jumelles et prendre une embarcation sur la berge orientale, derrière le centre d'activités des Jeunes. Les amoureux de la nature peuvent y observer des vols d'aigrettes argentées et de hérons à la huppe noire. Ces oiseaux sauvages s'activent surtout en fin de journée où ils peuvent s'ébattre ou nager dans l'eau. Parfois, il semblerait que les oiseaux ne soient pas effarouchés par la présence humaine à laquelle ils se sont habitués, à tel point qu'ils viennent voler près des bateaux, fonçant sur les embarcations puis virant au dernier moment pour les longer en planant majestueusement au-dessus de l'onde.

Avant la construction du barrage et l'élévation du niveau des eaux, l'île Kuanghua s'appelait la montagne de la Perle. De Kuanghua, que l'on atteint par bateau, s'étendent les montagnes du Dragon vert qui ont l'apparence d'un grand reptile recouvert d'écailles prêt à gober la petite île lacustre.

Un petit monument dédié au Vieux Sage sous la Lune -- l'équivalent chinois de Cupidon -- a été construit sur la petite île. Selon une croyance populaire, le Vieux Sage aide les jeunes mariés dans leur vie conjugale. C'est pourquoi, l'endroit est devenu un lieu de pèlerinage et de prières pour ces jeunes couples.

Le lac du Soleil et de la Lune possédait des eaux poissonneuses, mais la présence de la centrale hydoélectrique, dont les turbines sont alimentées par les eaux du lac, ont provoqué la raréfaction des oeufs et des alevins.


Les pêcheurs se sont transformés en pisciculteurs et ont monté des «champs flottants» où le poisson peut s'épanouir. Ceux-ci consistent en des radeaux de bambou ou de matière plastique sur lequels poussent des plantes, comme le gingembre sauvage, dont les longues racines retiennent les panneaux près des berges et servent également d'habitat aux poissons.

La plupart de ces pêcheurs sont des aborigènes appartenant à la tribu Tsao. Pour faciliter leur rude travail, ils ont construit d'autres radeaux sur lesquels est posée une cabane, d'où ils pêchent et se reposent. Sur les côtés de ces radeaux, les hommes disposent des perches en bambou sur lesquelles sont tendus de grands filets qui, abaissés dans l'eau, rapporteront une pêche abondante.

Vers le nord du lac, est situé le temple Wenwu, dédié aux anciens généraux chinois déifiés, Guan Yu et Yue Fei, ainsi qu'à Confucius, le grand sage. Le temple a été édifié dans le style des palais des dynasties du Nord (386-581). C'est le seul temple confucéen à Taïwan ouvert toute l'année. Il offre un magnifique panorama sur le lac, les montagnes et les terrasses qui l'entourent.


Sur les berges du nord-est, on peut visiter la volière du Jardin des paons, où vivent des centaines d'oiseaux exotiques. A côté du jardin, le musée des Papillons abrite des spécimens des nombreuses espèces de papillons indigènes.

Le village aborigène de Tehua est celui de la tribu Tsao, l'une des plus petites à Taïwan. Chaque année, à la fête chinoise de la Mi-Automne, qui tombe en septembre ou en octobre, les Tsao célèbrent leur fête des Moissons. Dans le village, des boutiques vendent divers souvenirs, des articles artisanaux et des costumes traditionnels.

A cinq kilomètres de là, par une belle route, on parvient au temple Hsuan-tsang. Construit en 1965, l'édifice de 3 étages contient une grande statue du Bouddha.

Le temple est dédié à un moine chinois Hsuan-tsang, qui fut envoyé en Inde par l'empereur Tai-tsung (règne: 626-649), de la dynastie Tang, pour en ramener les écrits bouddhiques. On attribue à Hsuan-tsang le développement du bouddhisme en Chine. Des cendres de ce moine seraient conservées dans ce temple.

Le bâtiment, édifié dans un style architectural de la dynastie Tang, fait face à l'île Kuanghua. Sur les murs d'enceinte, une longue fresque décrit le voyage du moine Hsuan-tsang vers l'Ouest (Inde) et est accompagnée de panneaux explicatifs gravés sur pierre.

A 600 mètres de là, se trouve la haute pagode Tzu-en, édifiée en 1971 par le président Tchang Kaï-chek en l'honneur de sa mère. Tous les matériaux qui ont servi à sa construction sur la montagne Shabalan, à une altitude de 954 mètres, ont été transportés par bateau à travers le lac avant d'être hissés par câble sur ce flanc de montagne. La pagode mesure 46 mètres de haut, portant son sommet à 1 000 mètres d'altitude.


A moins de 3 kilomètres du temple Hsuan-tsang par la route, le temple Hsuan-kuang se tient sur la berge la plus proche de l'île Kuanghua qui sépare les deux moitiés du lac du Soleil et de la Lune. Sa structure ressemble à un temple japonais et contient une effigie dorée du moine Hsuan-tsang.

Autour du lac, plusieurs sites intéressent les amateurs, comme, au pied de la montagne de Hanpi, au nord-ouest, la piste qui mène des berges du lac à la tour du même nom. Cet agréable parcours, d'environ une heure, suit un sentier dallé de briques qui serpente çà et là autour de la montagne. Arrivés à la tour, les promeneurs peuvent s'y reposer et surtout, jouir de la vue spectaculaire.

L'allée bordée d'arbres jusqu'aux contreforts de la montagne de Maolan est longue d'un peu moins de cinq kilomètres. Elle se divise en deux pistes, l'une qui conduit les marcheurs à la station théicole expérimentale de la province de Taïwan, l'autre qui passe par la station météorologique et traverse une magnifique forêt de cyprès.

En plus de toutes ces merveilles, les restaurants qui entourent le lac sont réputés pour leur gastronomie, en particulier leur poissons frais d'eau douce, leurs champignons et leur thé assamais. On peut se délecter de chili et de chuyao, des appellations chinoises pour les deux espèces de poissons les plus communes du lac, que les restaurants locaux servent habituellement frites.


Les collines autour du lac sont couvertes de théiers. C'est la seule région de Taïwan qui produit du thé assamais, une variété importée de l'Inde et introduite dans l'île par les Japonais en 1925. Les premiers arbustes transplantés ont poussé ici aussi bien qu'en Assam pour devenir une spécialité de la région du lac du Soleil et de la Lune. Aujourd'hui, ces théiers poussent principalement sur les versants de la montagne Maolan.

Depuis plusieurs générations, le lac du Soleil et de la Lune est devenu la destination farorite de jeunes couples qui y passent leur lune de miel. Les citadins viennent également chercher un peu de calme dans ce panorama splendide, tandis que les touristes étrangers, en particulier les Japonais, y font étape pour prendre repos durant leur tour de l'île.


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