16 octobre 2010

Sous les voitures, la verdure !!

Auteur : Alain Fontaine Taiwan Aujourd'hui

Photographies : Alain Fontaine

Les premières choses qui frappent lorsqu'on entre dans le Marché aux fleurs de Jianguo, ce sont les couleurs et la fraîcheur.
Alors qu'en plein été, il peut faire 36°C à midi à Taipei, cette fraîcheur est très surprenante. Elle s'explique par le fait que le marché est caché sous une voie express surélevée et que des brumisateurs pulvérisent dans l'air, à intervalles réguliers, une très fine vapeur d'eau, sans nul doute destinée aux plantes, mais dont bénéficient aussi les visiteurs. Le camaïeu des couleurs est bien entendu dû à la profusion de fleurs et de plantes exposées des deux côtés de l'allée centrale du marché.


Après quelques pas, le visiteur ne sait plus de quel côté regarder, l'œil est attiré par les couleurs vives des fleurs en pots ou en bouquets, orchidées ou roses notamment. A droite, il y a des bonsaïs et des plantes vertes, puis à gauche, des cactus et des plantes grasses. Un peu plus loin, ce sont des bambous en bottes et des arbres prêts à replanter : orangers, citronniers et citronniers du Japon.


Mais le marché aux fleurs, c'est aussi le paradis pour ceux qui ont la main verte, avec des sacs de terreau, divers types d'engrais et des outils de jardinage, que ce soit pour utiliser sur un balcon ou dans un jardin

Il y a bien sûr également des pots et des jardinières de toutes les formes et de toutes les couleurs, ainsi que le nécessaire pour la décoration d'un jardin, depuis les lampes d'extérieur à poser à côté de la table de jardin jusqu'au gravier noir, blanc ou multicolore et aux nains de jardin, en passant par les animaux décoratifs et les fontaines de toutes tailles. Et pour ceux qui ne s'y connaissent pas beaucoup, des stands vendent des livres divers et variés sur le jardinage, la culture des orchidées, la création et l'entretien des bonsaïs ou même la cuisine.
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C'est ici le bon endroit pour acheter des roses fraîchement coupées ou une composition florale pour agrémenter le salon. Les fleurs y sont moins chères que chez un fleuriste, et le marchandage est plus fréquent lorsqu'on approche l'heure de fermeture, à 17 h. La douzaine de roses est alors presque donnée pour environ 100 dollars taiwanais, selon la variété et la saison.

Les orchidées, qu'on associe facilement à Taiwan, coûtent 200 dollars pour les plus ordinaires mais peuvent aller jusqu'à 3 000 dollars pour des fleurs de très bonne qualité, comme celles vendues par M. Hsu qui tient un stand au marché depuis 20 ans et dont l'une des orchidées a été primée au Championnat du monde l'année dernière, au Japon.


Ce sont souvent ces orchidées de qualité qui attirent les touristes étrangers noyés dans la foule des 20 000 à 30 000 personnes qui visitent le Marché aux fleurs chaque week-end. Certains viennent même spécialement à Taiwan pour elles. Mark Mills, un Canadien, effectue par exemple une visite annuelle à Taipei depuis 12 ans, et le Marché aux fleurs est en général le but de sa première balade dès sa sortie d'avion. Pour lui, c'est un lieu unique qui permet à chaque fois de découvrir de nouvelles variétés ou croisements d'orchidées, que ce soit des cattleyas, des phalaenopsis ou des sabots de Vénus.


Une autre des attractions du Marché aux fleurs est la grande quantité de bonsaïs qui y sont vendus. Ceux qui aiment les bonsaïs peuvent y trouver leur bonheur, quels que soient leurs goûts et leur budget. Les plus petits ne font qu'une vingtaine de centimètres, et vous pouvez en rapporter un chez vous pour 2 000 dollars. Les plus grands peuvent dépasser le mètre, et les plus beaux dépasser les 100 000 dollars, avec des arbres ayant parfois 50 ans d'âge et qui ont déjà changé plusieurs fois de propriétaire. Les plus spectaculaires sont probablement les genévriers de Formose qui semblent avoir passé un siècle ou deux sur une montagne élevée, tout en s'adaptant à un environnement difficile.
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En traversant l'avenue Renai et en remontant vers le nord, on arrive au Marché aux jades qui se tient aussi le week-end et est, dans son style, l'un des plus grands d'Asie. Il est beaucoup plus petit et plus dense que le Marché aux fleurs, mais dans cette petite surface est proposée une grande variété de gemmes et de bijoux.


Les jades dominent, mais on trouve aussi des perles, des améthystes et de nombreuses autres pierres semi-précieuses originaires d'Asie ou d'ailleurs. En plus des bracelets, des colliers et des boucles d'oreilles, on peut aussi y acheter des sculptures, depuis les copies du célèbre chou chinois en jade exposé au musée national du Palais jusqu'à la belle statue de bouddha mesurant un mètre de haut.


De nombreuses pierres taillées sont vendues non montées. Le marchandage est conseillé, mais il n'y a pas de règle générale. Certains acheteurs arrivent à négocier jusqu'à 50% de moins sur le prix annoncé. Cela dit, il est préférable de décider dès le départ la limite que vous ne souhaitez pas dépasser et de vous y cantonner. Les vendeurs du Marché aux jades sont en général honnêtes et diront aux clients si un produit est du jade ou non. Cependant, pour acheter un produit de plus haute qualité, il est préférable de bien s'y connaître ou de se faire accompagner d'un ami expert. ■


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Comment s'y rendre ?
Le mieux est probablement de prendre un bus pour éviter les problèmes de parking (les deux marchés occupant des espaces qui sont habituellement des parcs de stationnement).

Près de l'entrée du Marché aux fleurs côté avenue Xinyi, l'arrêt de bus est à l'intersection avec l'avenue Jianguo Sud. Les lignes qui s'y arrêtent sont la 0 Est, la 20, la 22, la 38, la 204 et la Xinyi.

Côté avenue Renai, l'arrêt de bus se trouve au croisement avec l'avenue Jianguo Sud. Là, sont desservies les lignes 37, 245, 261, 263, 270, 311, 621, 630, 651 et 665.




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02 octobre 2010

26 Avril 2010 ! Impressionnant glissement de terrain à Taiwan !!

Avec un peu de retard, pour cause mes posts sont déjà programmés à l'avance, quelques photos, et conclusions de cet impressionnant glissement de terrain sur l'autoroute n°3 entre Keelung et Taipei.


Pendant un certain temps, le glissement de terrain de l’autoroute 3 a occupé une place centrale dans l’actualité taiwanaise. L’attente, le déblayage de la route, la recherche des voitures et des corps a occupé les coeurs et les esprits. Si cet aspect émotionnel vaut assurément d’être analysé, c’est aussi l’occasion de mieux connaître les glissements de terrain, leurs origines, l’influence des hommes sur leurs survenues, les mesures qui peuvent être prises pour limiter les dégâts qu’ils causent. Ainsi, l’objectif de cet éclairage est de comprendre ce qui s’est passé sur l’autoroute 3. Il faut aussi se demander si cette catastrophe était évitable : que savait-on et que pouvait-on faire d’un point de vue scientifique, ingénieurial, et politique. Enfin nous verrons quelles mesures ont été proposées pour que ce genre de catastrophe ne se traduise plus par des pertes de vies humaines.
Dimanche 26 Avril 2010 après-midi, sur l’ autoroute numéro 3 qui relie Kaohsiung à Keelung, un glissement de terrain est survenu tout au nord de l’autoroute sur un tronçon proche de Keelung, à Qidu. Un flan de montagne s’est affaissé et à recouvert en un court instant l’autoroute, dans les deux sens, piégeant en son sein les automobilistes qui se trouvaient malheureusement au mauvais endroit, au mauvais instant. Les secours se sont affairés pour retrouvrer les véhicules et leurs passagers ensevelis sous les amas de terres et de pierres. Un cortège de pelleteuses s’active pour déblayer les 200 000 mètres cubes qui se sont amonselés sur l’autoroute. Outre les disparus, qui ont été recherchés activement mais sans trop d’espoir, on a cherché aussi à rétablir au plus vite la circulation car il s’agit d’une artère très fréquentée pour le transport entre Keelung et la capitale Taipei.

A ce niveau-là, des mesures ont été prises pour fluidifier le traffic sur les autres itinéraires possibles entre les deux villes, notamment en intensifiant le traffic ferroviaire.
Mais l’inconfort des embouteillages et des retards ne constitue pas une préoccupation majeure. Le coeur du problème réside dans cette énième catastrophe naturelle qui a une fois encore brisé des vies humaines. A Taiwan, la population est coutumière des glissements de terrain. Ils surviennent très fréquemment. Les glissements de terrain sont en effet avant tout des phénomènes naturels. Une portion de terrain glissant ou tombant le long d’une côte, sous l’effet de la gravité. Mais d’autres éléments entrent en compte: deux facteurs favorisent particulièrement la survenue de glissements de terrain à Taiwan. A savoir, les tremblements de terre et les typhons. Géologiquement parlant, le sol taiwanais est parcouru de plissements et de failles le long desquels les glissements de terrain sont fréquents lors des tremblements de terre. Durant les typhons, le scénario est légèrement différent, car ce sont les pluies abondantes qui accompagnent les typhons qui causent les glissements de terrain. Or cette fois-ci, la population taiwanaise tout comme le président taiwanais ont été surpris par ce glissement de terrain. Pas de tremblement de terre, pas de typhons ou de précipitations pour expliquer le phénomène.

Et pourtant de nombreux facteurs à risque étaient réunis. Premièrement, sur le site même du glissement de terrain, la stratification du sol, parallèle à la pente. On pourrait décrire le terrain comme un millefeuille. Mais penché, dans le sens de la pente. Ce genre de stratification parallèle à la pente est un grand classique des glissements de terrain taiwanais. Deuxièmement, les matériaux qui se succédaient ainsi en couche étaient majoritairement des sédiments: avec du schiste, du grès, et de l’argile. Lithologiquement parlant, le site était relativement vulnérable. Troisièmement, le type d’utilisation des sols : une route. Il est toujours difficile de démontrer l’impact de l’utilisation des sols sur les glissements de terrain. Pourtant de multiples articles scientifiques ont prouvé que les routes sont un facteur déterminant qui aggrave les risques de glissement de terrain. Ajoutons enfin à cela le fait que la pente était de plus de 10 degrés là où l’autoroute passait. Ces facteurs que nous venons d’énoncer, à eux seuls, ne peuvent pas permettre de prédire l’occurence d’un glissement de terrain, mais ils devraient indiquer la fragilité du site.

Prédire un glissement de terrain implique trois types de prédiction. La première est géographique, savoir où il va se produire. La deuxième est temporelle, savoir quand il va se produire. La troisième est une question de magnitude, savoir quelle sera la taille et la vitesse du glissement de terrain.
Il était clair que le site était fragile. Géographiquement parlant, on pouvant identifier cette côte comme une côte à risque. C’est d’ailleurs pour cela que des mesures de renforcement de la pente avaient été prises pour amoindrir le risque de glissement de terrain. Elles n’étaient, semble-t-il, pas suffisants, voire mal adaptées à une pente d’une telle inclinaison, et peut-être pas suffisament entretenues. Quoi qu’il en soit, ces mesures de renforcement ne permettent pas d’exclure le fait qu’un glissement puisse intervenir.
Prévoir quand un glissement de terrain va survenir est particulièrement difficile. On peut cependant équiper les côtes à risque de détecteurs qui peuvent permettre de suivre les évolutions de la pente. Cela se fait sur des montagnes à risque, notamment en Italie ou au Japon. A défaut de détecteurs, des visites de terrain régulières permettent d’observer de nombreux déplacements des sols. Dans le cas de ce glissement de terrain, les autorités compétentes en matière de routes publiques ont bien effectué des visites de routine, mais en limitant leurs observations aux abords de l’autoroute, sans jeter l’oeil sur le haut de la côte, car les terrains étaient des propriétés privés.
Prévoir la magnitude d’un glissement de terrain est encore plus difficile. Des glissements de terrain, en volume, sont fréquents le long des routes montagneuses à Taiwan. Les volumes importants sont eux beaucoup plus rares. En ce qui concerne, la vitesse du déplacement d’un glissement de terrain, elle est encore moins simple à prédire.

S’il est difficile de prévoir la magnitude et l’instant où un glissement de terrain se produit, à Taiwan, la plupart des zones à risques sont connues : elles sont identifiées ou identifiables facilement. Dès que la pente est prononcée et que les stratifications du sol sont parallèle à la pente, le risque est important comme tous les experts le répètent, quil s’agisse de ce glissement de terrain ou des cas précédents qui ont aussi marqués les esprits. Le risque s’accroît encore si s’y ajoute des interférences humaines comme des routes ou des constructions. D’ailleurs, des listes sont apparues dans les journaux qui mettent à la lumière du jour les tronçons de route qui répondent à ces critères de risque accru. Pour cette autoroute numéro 3, elle passerait à au moins 32 reprises sur ce genre de pentes. Pour les autres axes routiers, des investigations sont en cours. Hormis le réseau routier, à Taipei ou sur le pourtour de la capitale, plusieurs dizaines de communautés sont aussi bâties sur ce type de pente. Des systèmes de détection seront sûrement mis en place à présent pour éviter une répétition du drame actuel. C’est du moins ce que les autorités ont annoncés suite au drame de l’autoroute 3.
(Source RTI) Radio Taiwan International.


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