28 février 2014

Le massacre du 28 février 1947 !!

Pendant longtemps j'ai essayé de comprendre pourquoi le 28 février chaque année était un jour férié à Taiwan, la réponse ci-dessous : 


1945 marque la fin de la seconde guerre mondiale. L’île de Taiwan, colonisée depuis 1895 par le Japon passe sous le contrôle de la Chine nationaliste.
Les forces alliées, occupées au Japon et en Corée, demande au gouvernement nationaliste de Chiang Kai Chek de s’occuper de la reddition des japonais, sans régler la question de savoir à qui revient Taiwan après le départ de ces derniers. Le problème réside dans le fait que Formose a subit la politique colonialiste japonaise durant 50 années. Son système social, administratif et culturel a évolué très différemment de celui de la Chine. Le grand fossé entre la Chine continentale et Taiwan, après la seconde guerre mondiale, réside dans le langage. En effet, la langue officielle à Taiwan a été le japonais durant la période coloniale, en conséquence la plupart des taïwanais âgés de moins de 50 ans ne peuvent ni parler ni comprendre le chinois mandarin, même si le taïwanais (dialecte de Formose) partage les idéogrammes chinois à l’écrit. Avec le manque de moyens de communication, un certain fossé se creuse entre la population taïwanaise et le nouveau gouvernement nationaliste.

Le gouverneur Chen Yi
.
Au lieu d’essayer de surmonter les difficultés,le gouvernement, représenté par le gouverneur Chen Yi, bien au contraire, aggrave la situation en menant une politique autoritaire. Les Taïwanais sont privés du droit d’accéder au pouvoir politique ou de l’exercer. Cela arrive par ailleurs au moment où, à Formose la bureaucratie est de plus en plus corrompue sur fond de dépression économique. Ce qui va mettre le feu aux poudres à ce que l’on appellera plus tard « l’incident du 28 février », mais qui est en fait un véritable massacre, est l’arrivée de représentants de l’État, chargés de l’administration du monopole gouvernemental du tabac. Les officiels, accompagnés d’une douzaine de policiers confisquent à une femme des cigarettes de contrebande. La femme tentant de s’interposer, est molestée par un des policiers présents. La scène ne manque pas de scandaliser les badauds, donnant lieu à des affrontements dans lesquels un homme trouve la mort.
CHEN Cheng-Po, artiste taiwanais, une victime parmi des milliers d'autres, a été tué le 28 février 1947. Son corps resta en l'état dans la rue pour plusieurs jours.
Le lendemain, le 28 février 1947, une foule incroyable se rassemble dans les rues de Taipei, et consécutivement des révoltes envers le gouvernement ont lieu dans bon nombre de villes de l’île. La loi martiale est alors déclarée et les troupes armées nationalistes tirent sur la foule. La rébellion est finalement écrasée, mais l’armée continue son action les jours suivants, en arrêtant et en exécutant les personnes sensées être capables de mener un mouvement de résistance contre le gouvernement nationaliste. Bon nombre de ces personnes exécutées ou disparues se trouvent être des leaders politiques et intellectuels taïwanais.
L’incident du 28 février est resté pendant longtemps un sujet tabou à Taiwan. Ce n’est qu’en 1993 qu’un rapport est publié par un groupe de 5 historiens sur commande du Yuan Exécutif. C’est la première fois en 45 ans que le gouvernement du Guomindang admet que son armée a tué entre 18000 et 28000 taïwanais « de souche » durant le massacre de 1947.
Cependant, plus de 50 ans après les faits, l’incident du 28 février 1947 empoisonne toujours l’harmonie des ethnies à Taiwan, les affrontements ayant opposé les chinois venus de Chine continentale aux Taïwanais (chinois ayant émigré sur l’île avant le 20ème siècle). Même après les excuses publiques du président Li Tenghui et la construction de monuments commémoratifs à la mémoire des personnes tuées ou disparues, à travers toute l’île, la réconciliation s’avère toujours difficile.


Un monument à la mémoire du massacre
Un monument en mémoire du massacre du 28 février 1947 a été érigé dans le centre ville de Taipei dans un parc baptisé « 2-28 Memorial Park ». Ce monument a été inauguré le 28 février 1997.


Traduction du texte gravé sur le monument :
« En 1945, quand la nouvelle de la défaite et de la reddition japonaise atteint Taiwan, la population taïwanaise se réjouie que l’injuste autorité coloniale japonaise ait enfin cessée. Mais elle fut bientôt surprise par l’incompréhension dont fit preuve Chen Yi , le fraîchement nommé gouverneur de l’île, à l’encontre de Taiwan et de son peuple. Rendant les choses pires, Chen et ses officiers se montrèrent indisciplinés et de corrompus.
Le résultat en fut la chute de la production et de la consommation, le chômage et l’inflation atteignant des sommets. Le ressentiment de la population était à son comble.
Le 27 février 1947, lors d’un contrôle de vente irrégulière de tabac dans la rue Yen-Ping Nord, des employés du « Bureau Taïwanais du Monopole du Tabac et du Vin » frappèrent et injurièrent une vendeuse. Puis ils ouvrirent le feu tuant un badaud innocent. Le public fut outragé.
Le jour suivant, les citoyens de Taipei descendirent dans les rues et manifestèrent. Ils défilèrent jusqu’au cabinet du gouverneur et appelèrent à des sanctions immédiates pour les meurtriers. En réponse, des coups de feu furent tirés sur les manifestant faisant de nombreux tués et blessés. Cela engendra de furieuses protestations dans toute l’île et une lutte contre le régime.
Afin de résoudre le conflit et de calmer les esprits, les leaders des différentes communautés autour de l’île ont commencèrent alors à mettre en place des comités pour servir de médiation entre les protestataires et le gouvernement. Au même moment, une réforme politique était demandée. Chen Yi fut insensible et répondit avec autorité et traîtrise. D’un coté il négociait avec les comités et de l’autre il traitait les leaders comme des traîtres et des voyous, et demanda à Nankin des troupes de renfort. Ayant reçu le rapport de Chen, le président du gouvernement, Chang Kai-Shek, ordonna l’envoie immédiat de troupes.
Le 8 mars 1947, la 21ème division commandée par le général Liu Yu Ching débarquait à Jilong. Le 10 mars, la loi martiale était déclarée dans toute l’île. Ke Yuan Fen, chef du personnel de la Garnison de Commandement de Taiwan (Taiwan Garrison Command) ; Shih Hong Hsi, commandant du District de Jilong ; Peng Meng Chi, commandant du District de Gaoxiong ; Chang Mu Tai, commandant d’un régiment de la police militaire et d’autres commencèrent un brutal  » nettoyage de la campagne  » dans lequel de nombreux innocents furent tué. En quelques mois, le nombre de morts, de blessés et de disparus atteignait des dizaines de milliers. Jilong, Taipei, Chaiyi et Gaoxiong subirent les plus lourdes pertes. L’incident se fit connaître sous le nom de massacre du 28 2.
Depuis lors, le peuple taïwanais fut sous le coup de la loi martiale durant presque un demi-siècle. Le gouvernement et l’opinion publique étaient réduits au silence ; personne n’osant briser le tabou du massacre du 28 2. Cependant, les griefs et les ressentiments envers ces atrocités perpétrées restèrent vivaces et il fut ressenti comme nécessaire de parler ouvertement de ce problème afin de pouvoir en faire le deuil. La méfiance entre taïwanais et continentaux et les disputes entre partisans de la déclaration d’indépendance de Taiwan et ceux d’une unification à la Chine devenaient des problèmes importants avec d’inquiétantes implications potentielles.
Après la levée de la loi martiale en 1987, la population sans aucune distinction de condition sociale sentait qu’il n’y avait aucun espoir de paix et d’harmonie à moins que le profond malaise ne soit endigué. En conséquence, des recherches et des investigations sur le massacre du 28 2 démarrèrent ; le Chef de l’État fit des excuses publiques ; les victimes et leurs familles reçurent des compensations. Et un monument fut érigé.
Pourtant, les soins apportés au traumatisme d’une société doit dépendre des efforts de collaboration de tout son peuple.
Nous avons donc inscrit ces mots sur cette plaque commémorative dans l’espoir de consoler les victimes et de réconforter leurs familles. Nous espérons également que ces mots serviront d’avertissement et de leçon à tous les compatriotes taïwanais. Dorénavant nous devons ne faire qu’un, sans tenir compte de nos différents groupes d’appartenance ; nous devons nous entraider avec compassion et nous traiter mutuellement avec sincérité ; nous devons dissoudre haine et ressentiment et apporter une paix longue et durable.
Puisse le ciel bénir Taiwan et la garder prospère. »

Source Taiwan Mag.




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16 février 2014

La ville de Kaohsiung dans le sud de Taiwan !!

Une superbe vidéo que je vous laisse découvrir sur la ville de Kaohsiung dans le sud de Taiwan.


Kaohsiung est caractérisée par un style de vie cosmopolite et une activité trépidante. La deuxième plus grande métropole de Taïwan est un exemple type de réussite économique. Elle possède le plus grand port outre-mer de l’île et dispose, comme Taipei, d’un aéroport international. Disposant d’un gigantesque port à conteneurs, d’une cale sèche et d’un chantier de démantèlement, le port de Kaohsiung n’a pas à craindre la comparaison internationale. Avec leurs immeubles modernes en acier et en verre, les larges rues de la ville créent un contraste saisissant avec le Taïwan rural. Mais Kaohsiung est bien plus qu’un simple centre industriel. La ville et son environnement direct réservent aux touristes quelques attractions remarquables. La Shoushan (« montagne de la Longévité ») compte de nombreux temples, pavillons et terrasses ombragées. Au sommet de la montagne, l’écrin des martyrs offre une vue fantastique sur la ville. La Hsitzu Bay, située au bord de la ville de Kaohsiung, non loin de Shoushan, tout comme la plage de sable noir de Chichin, sur une île étroite, sont des refuges parfaits pour se protéger du soleil estival. Kaohsiung a également de quoi satisfaire les acheteurs occasionnels. Les consommateurs ont le choix entre les grands magasins, les boutiques modernes et les marchés nocturnes multicolores. Le marché nocturne de Liuho attire les visiteurs avec un grand choix d'encas et de produits intéressants. Les restaurants et les bars accueillants se chargent du divertissement nocturne. Après un court voyage vers le nord en partant du centre-ville, nous parvenons dans la charmante zone balnéaire du lac de Chengching. L’attraction principale du lac est la majestueuse « pagode de restauration ». La zone de repos compte également des îles et des ponts, des tours et des pavillons, des allées, des aquariums et des piscines. Elle permet également de faire du bateau, de pêcher, d'entreprendre des randonnées et de jouer au golf. Le charmant « pavillon du printemps et de l’automne » est entouré par les eaux du lac Loto, près de Tsoying et n’est accessible que par un petit pont à partir des rives du lac. Non loin de là se trouvent les pagodes du dragon et du tigre qui sont reliées à la rive par un pont en zigzag. De l’autre côté du lac, on peut apercevoir les temples érigés en hommage à Confucius et au dieu de la guerre Kuan Kung.




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01 février 2014

Une œuvre d’une joaillière taiwanaise dans les collections permanentes d’un musée américain !!



Elle fait partie des jeunes designers et stylistes taiwanais qui ont le vent en poupe aujourd’hui aux Etats-Unis : Cindy Chao [趙心綺], créatrice de bijoux, peut maintenant aussi se targuer d’avoir une de ses œuvres dans un musée. Une de ses créations, une broche en forme de papillon aux ailes incrustées de diamants a en effet retenu l’attention du Musée national d’histoire naturelle qui dépend de la Smithsonian Institution, à Washington, et qui a décidé de l’intégrer dans ses collections permanentes.
C’est la première fois qu’une œuvre d’une artiste de Taiwan entre dans les collections de la vénérable institution installée dans le Mall de Washington depuis 1910 et qui abrite des millions de spécimens et œuvres de toutes sortes.
Le papillon dessiné par Cindy Chao, intitulé « Royal Butterfly » et qui comporte des saphirs, des rubis, des diamants et des grenats, avait été sélectionné en 2009 par la Smithsonian Institution comme candidat à une intégration dans sa collection de pierres précieuses et de bijoux, laquelle inclut entre autres le plus gros diamant du monde et des boucles d’oreilles ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette.
Les bijoux de Cindy Chao, des pièces uniques faites à la main sur commande, avaient déjà fait parler d’eux la semaine dernière à la cérémonie des Oscars, lorsque l’actrice Salma Hayek est apparue sur le tapis rouge avec un magnifique chignon orné d’un de ses diadèmes.
Formée aux Etats-Unis, Cindy Chao expliquait récemment que le fait d’avoir vécu et étudié à l’étranger lui avait permis d’élargir son esprit et de créer des pièces ayant un caractère plus universel.
La créatrice, qui a fondé sa marque en 2004, dispose d’un atelier employant 35 personnes à Taipei.

Source Taiwan Info 




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