14 juillet 2009

Taroko, sauvage et beau (Taiwan)


AN SHIH-CHUNG / PARC NATIONAL DE TAROKO


Le district de Hualien, le plus étendu de l'île, est situé sur le littoral montagneux de la côte orientale, et les étonnants paysages naturels qu'il abrite provoquent des sensations inoubliables.

Créé en 1986, ce parc national couvre plus de 92 000 ha dans la partie nord de la Chaîne centrale, face à l'océan Pacifique, à l'Est. Il tire son nom des Truku (ou Taroko), la population aborigène qui y est installée depuis des centaines d'années. C'est aussi sous ce nom que sont connues les majestueuses gorges de marbre qui bordent la Liwu. Le parc national, qui englobe des sommets dépassant 3 000 m d'altitude, est parcouru d'est en ouest par la sinueuse Route transinsulaire centrale que certains considèrent comme la plus belle route de montagne de l'Asie.

«La première raison au classement de la région en parc national est la volonté de protéger les gorges et les écosystèmes divers qu'on y trouve du fait de la présence de climats variés allant du subtropical à ceux caractéristiques des zones froides, dit Lin Yong-fa, son directeur. Taroko est l'un des sites naturels insulaires les plus célèbres au niveau international, souligne-t-il. Les efforts de protection de ses splendeurs naturelles et de sa diversité écologique remontent à la période coloniale japonaise (1895-1945).


Le sambar, un cerf qu'on aperçoit parfois dans les montagnes de Taroko.

Les autorités coloniales nippones avaient en effet décidé dès les années 30 de réserver trois ensembles géographiques à la création de parcs nationaux : Datun (un groupe de sommets dans les hauteurs de Taipei, aujourd'hui compris dans le Parc national de Yangmingshan), Alishan (un site protégé, dans les montagnes du district de Taichung) et Taroko. Ce dernier devait devenir le plus grand des trois, avec 270 000 ha de montagnes boisées.

La réalisation de ces projets a cependant été suspendue par l'irruption de la guerre du Pacifique, en 1941. La planification n'a repris qu'une trentaine d'années plus tard, après la rétrocession de l'île en 1945 et le repli à Taiwan du gouvernement de la République de Chine en 1949. « L'étape la plus importante a été le vote de la loi des Parcs nationaux en 1972 et l'attribution de leur gestion à l'Agence de construction et de planification, sous tutelle du ministère de l'Intérieur », dit Lin Yong-fa.

Lin Mao-yao, un guide expérimenté travaillant pour le Parc national de Taroko, souligne combien l'existence humaine est humble et éphémère en comparaison des mil lions d'années qui ont été nécessaires pour faire naître des paysages d'une telle beauté. Lorsqu'il fait visiter les gorges de Taroko, il insiste sur la forme en U de la profonde vallée qui a été creusée par la Liwu. Il fait aussi remarquer les innombrables indentations et cavités qui criblent la falaise, face à la Grotte des hirondelles. « Ces cavités, appelées "marmites de géant", ressemblent à des nids d'hirondelle. Elles ont été créées par les mains de la nature.»


Les tatouages faciaux, une tradition interdite par les Japonais en 1913. (LIN MAO-YAO / PARC NATIONAL DE TAROKO)


En parlant de miracles géologiques, n'oublions pas la falaise de Cingshui qui plonge à pic dans les vastes étendues de l'océan Pacifique ! Cette muraille, dans laquelle a été creusée la route qui va de Suao à Hualien, est composée de marbre et de gneiss, et elle constitue une barrière naturelle pour le district de Hualien qui est ainsi resté préservé, contrairement à la côte ouest. « Sans la falaise qui a fait obstacle à un possible développement excessif, ces merveilles auraient pu être sacrifiées à la prospérité économique. » A ces panoramas, il faut ajouter une faune et une flore d'une grande diversité, du fait des importantes différences d'altitude le mont Nanhu culmine à 3 742 m et donc de températures et de climat. La proximité de la mer entraîne par ailleurs des précipitations abondantes qui permettent l'épanouissement d'une végétation luxuriante. « Ici, les visiteurs peuvent admirer une grande variété de types de forêts : de feuillus, mixtes et de conifères subalpins. En d'autres termes, pratiquement toutes les végétations qu'on peut trouver à Taiwan sont représentées ici. » Une étude réalisée par le parc national a permis de recenser 2 093 espèces de plantes vasculaires, dont 132 considérées comme rares ou en danger d'extinction.

La gamme étendue des formations géologiques qu'on peut admirer dans cette région et la végétation exubérante qui s'y développe ont fait naître quantité d'habitats naturels pour une faune très diverse. La moitié des mammifères qu'on peut trouver à Taiwan y sont ainsi présents. Qui plus est, 90% des espèces d'oiseaux et 50% de celles de papil lons se rencontrent dans ce parc national. « On peut donc dire que Taroko est un concentré du kaléidoscope écologique de Taiwan », remarque Lin Yong-fa.


La falaise de Cingshui : un à-pic de 1 000 m tombant dans les eaux bleues du Pacifique. (CHEN MING-CHUNG / PARC NATIONAL DE TAROKO)


Celui-ci a pour projet de créer une base de données concernant le sambar formosan, le plus grand herbivore endémique de Taiwan. « La plupart des parcs nationaux de l'île ont leur animal représentatif, sur lequel ils disposent d'informations biologiques complètes. Par exemple, celui de Shei-pa a le saumon d'eau douce formosan et celui de Yushan l'ours noir formosan. » Le sambar, un cervidé qui peut atteindre 1,78 m et peser jusqu'au 550 kg, fréquente en général les forêts vierges entre 300 et 1 500 m d'altitude. « Nous en observons beaucoup dans le parc na tional, mais nos connaissances sur cet animal sont jusqu'ici limitées. »

Mais ce qui rend Taroko vraiment unique est le patrimoine culturel des populations aborigènes qui y résident. Les Truku ont officiellement été reconnus comme l'une des tribus aborigènes de Taiwan en 2004. Ils se sont séparés des Atayal il y a 250 ans et possèdent leurs propres langue et traditions. Ils pratiquent encore la chasse de temps en temps et ont autrefois développé des techniques sophistiquées de tressage, de tissage de la toile de jute et de macramé. « La création du Parc national de Taroko ne visait pas à déposséder ces gens de leurs terres mais au contraire à préserver leur précieuse culture, souligne Lin Yong-fa. Car l'objectif principal d'un parc national est bien de sauvegarder les richesses naturelles et culturelles. »










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01 juillet 2009

Le lac du Soleil et de la Lune. (Sun Moon Like)


Les habitants de Taïwan sont particulièrement fiers de la beauté naturelle de leur île. Et avec raison, car elle offre une riche variété de sites merveilleux, de la splendeur de ses hautes montagnes aux charmes des méandres de ses rivières.

Peut-être l'attraction touristique la plus réputée à Taïwan est-elle le lac du Soleil et de la Lune 日月潭. Situé dans le hsien (district) de Nantou, le lac est assez proche du centre géographique de l'île. A 760 mètres au- dessus du niveau de la mer, il s'adosse à de magnifiques montagnes.


C'est une nappe d'eau naturelle qui n'a pas toujours connu le succès actuel. La construction d'une centrale hydroélectrique, sous l'occupation japonaise de 1895 à 1945, a fait monter le niveau des eaux du lac. Les berges ont été noyées et l'île Kuanghua, une petite montagne au milieu du lac, s'est vite érodée.

D'une superficie totale de près de 8 kilomètres carrés, le lac semble être divisé par l'île Kuanghua en deux parties, ce qui lui a valu son nom. La partie orientale, plus ronde, ressemble au soleil, tandis que la partie occidentale, en forme de grand demi-cercle, serait la projection de la lune.


Trésor culturel pour les habitants de Taïwan, le lac, hormis sa beauté naturelle extraordinaire, offre alentour plusieurs sites historiques, comprenant des temples, des pagodes, un village aborigène et le fameux Jardin des paons.

A une courte distance d'autres hauts lieux du tourisme insulaire, la région inclut le village de montagne de Puli, l'aire récréative de Shanlinhsi et de Hsitou, une forêt typique de bambou, ainsi que le centre de production théicole de Luku.

A l'estuaire de la rivière Chuoshui qui se jette dans le lac, se tiennent des marécages pleins de roseaux où viennent s'ébattre des oiseaux aquatiques et où vivent d'autres petits animaux.

Pour les voir, il faut emporter ses jumelles et prendre une embarcation sur la berge orientale, derrière le centre d'activités des Jeunes. Les amoureux de la nature peuvent y observer des vols d'aigrettes argentées et de hérons à la huppe noire. Ces oiseaux sauvages s'activent surtout en fin de journée où ils peuvent s'ébattre ou nager dans l'eau. Parfois, il semblerait que les oiseaux ne soient pas effarouchés par la présence humaine à laquelle ils se sont habitués, à tel point qu'ils viennent voler près des bateaux, fonçant sur les embarcations puis virant au dernier moment pour les longer en planant majestueusement au-dessus de l'onde.

Avant la construction du barrage et l'élévation du niveau des eaux, l'île Kuanghua s'appelait la montagne de la Perle. De Kuanghua, que l'on atteint par bateau, s'étendent les montagnes du Dragon vert qui ont l'apparence d'un grand reptile recouvert d'écailles prêt à gober la petite île lacustre.

Un petit monument dédié au Vieux Sage sous la Lune -- l'équivalent chinois de Cupidon -- a été construit sur la petite île. Selon une croyance populaire, le Vieux Sage aide les jeunes mariés dans leur vie conjugale. C'est pourquoi, l'endroit est devenu un lieu de pèlerinage et de prières pour ces jeunes couples.

Le lac du Soleil et de la Lune possédait des eaux poissonneuses, mais la présence de la centrale hydoélectrique, dont les turbines sont alimentées par les eaux du lac, ont provoqué la raréfaction des oeufs et des alevins.


Les pêcheurs se sont transformés en pisciculteurs et ont monté des «champs flottants» où le poisson peut s'épanouir. Ceux-ci consistent en des radeaux de bambou ou de matière plastique sur lequels poussent des plantes, comme le gingembre sauvage, dont les longues racines retiennent les panneaux près des berges et servent également d'habitat aux poissons.

La plupart de ces pêcheurs sont des aborigènes appartenant à la tribu Tsao. Pour faciliter leur rude travail, ils ont construit d'autres radeaux sur lesquels est posée une cabane, d'où ils pêchent et se reposent. Sur les côtés de ces radeaux, les hommes disposent des perches en bambou sur lesquelles sont tendus de grands filets qui, abaissés dans l'eau, rapporteront une pêche abondante.

Vers le nord du lac, est situé le temple Wenwu, dédié aux anciens généraux chinois déifiés, Guan Yu et Yue Fei, ainsi qu'à Confucius, le grand sage. Le temple a été édifié dans le style des palais des dynasties du Nord (386-581). C'est le seul temple confucéen à Taïwan ouvert toute l'année. Il offre un magnifique panorama sur le lac, les montagnes et les terrasses qui l'entourent.


Sur les berges du nord-est, on peut visiter la volière du Jardin des paons, où vivent des centaines d'oiseaux exotiques. A côté du jardin, le musée des Papillons abrite des spécimens des nombreuses espèces de papillons indigènes.

Le village aborigène de Tehua est celui de la tribu Tsao, l'une des plus petites à Taïwan. Chaque année, à la fête chinoise de la Mi-Automne, qui tombe en septembre ou en octobre, les Tsao célèbrent leur fête des Moissons. Dans le village, des boutiques vendent divers souvenirs, des articles artisanaux et des costumes traditionnels.

A cinq kilomètres de là, par une belle route, on parvient au temple Hsuan-tsang. Construit en 1965, l'édifice de 3 étages contient une grande statue du Bouddha.

Le temple est dédié à un moine chinois Hsuan-tsang, qui fut envoyé en Inde par l'empereur Tai-tsung (règne: 626-649), de la dynastie Tang, pour en ramener les écrits bouddhiques. On attribue à Hsuan-tsang le développement du bouddhisme en Chine. Des cendres de ce moine seraient conservées dans ce temple.

Le bâtiment, édifié dans un style architectural de la dynastie Tang, fait face à l'île Kuanghua. Sur les murs d'enceinte, une longue fresque décrit le voyage du moine Hsuan-tsang vers l'Ouest (Inde) et est accompagnée de panneaux explicatifs gravés sur pierre.

A 600 mètres de là, se trouve la haute pagode Tzu-en, édifiée en 1971 par le président Tchang Kaï-chek en l'honneur de sa mère. Tous les matériaux qui ont servi à sa construction sur la montagne Shabalan, à une altitude de 954 mètres, ont été transportés par bateau à travers le lac avant d'être hissés par câble sur ce flanc de montagne. La pagode mesure 46 mètres de haut, portant son sommet à 1 000 mètres d'altitude.


A moins de 3 kilomètres du temple Hsuan-tsang par la route, le temple Hsuan-kuang se tient sur la berge la plus proche de l'île Kuanghua qui sépare les deux moitiés du lac du Soleil et de la Lune. Sa structure ressemble à un temple japonais et contient une effigie dorée du moine Hsuan-tsang.

Autour du lac, plusieurs sites intéressent les amateurs, comme, au pied de la montagne de Hanpi, au nord-ouest, la piste qui mène des berges du lac à la tour du même nom. Cet agréable parcours, d'environ une heure, suit un sentier dallé de briques qui serpente çà et là autour de la montagne. Arrivés à la tour, les promeneurs peuvent s'y reposer et surtout, jouir de la vue spectaculaire.

L'allée bordée d'arbres jusqu'aux contreforts de la montagne de Maolan est longue d'un peu moins de cinq kilomètres. Elle se divise en deux pistes, l'une qui conduit les marcheurs à la station théicole expérimentale de la province de Taïwan, l'autre qui passe par la station météorologique et traverse une magnifique forêt de cyprès.

En plus de toutes ces merveilles, les restaurants qui entourent le lac sont réputés pour leur gastronomie, en particulier leur poissons frais d'eau douce, leurs champignons et leur thé assamais. On peut se délecter de chili et de chuyao, des appellations chinoises pour les deux espèces de poissons les plus communes du lac, que les restaurants locaux servent habituellement frites.


Les collines autour du lac sont couvertes de théiers. C'est la seule région de Taïwan qui produit du thé assamais, une variété importée de l'Inde et introduite dans l'île par les Japonais en 1925. Les premiers arbustes transplantés ont poussé ici aussi bien qu'en Assam pour devenir une spécialité de la région du lac du Soleil et de la Lune. Aujourd'hui, ces théiers poussent principalement sur les versants de la montagne Maolan.

Depuis plusieurs générations, le lac du Soleil et de la Lune est devenu la destination farorite de jeunes couples qui y passent leur lune de miel. Les citadins viennent également chercher un peu de calme dans ce panorama splendide, tandis que les touristes étrangers, en particulier les Japonais, y font étape pour prendre repos durant leur tour de l'île.


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10 juin 2009

Taiwan en quête d’un explorateur pour le Meilleur voyage du monde !!

Mercredi 10 juin 2009


le site : cliquez ici

Amateurs d’aventures, ce message est pour vous : l’office national du Tourisme cherche des candidats au voyage dont la mission sera, s’ils l’acceptent, de concocter le séjour à Taiwan le plus intéressant possible avec un petit budget.



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Cinquante équipes– chacune composée d’au moins deux personnes, dont un étranger – seront sélectionnées pour un séjour de quatre jours à Taiwan financé à hauteur de 28 000 dollars taiwanais.

Pour postuler, les candidats devront se présenter et exposer leurs choix d’itinéraire par le biais d’une vidéo à poster sur le site TaiwanBestTrip d’ici le 30 juin. Les équipes retenues devront venir à Taiwan par leurs propres moyens pour effectuer leur séjour entre le 11 juillet et le 31 août. Au terme de cette exploration, elles devront rédiger un travelogue de 800 mots accompagné d’une vidéo de trois minutes qui servira de base à la compétition proprement dite, l’équipe gagnante étant sélectionnée avec l’aide des internautes.



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Les résultats seront annoncés le 15 novembre et les vainqueurs se verront remettre un prix de 1 million de dollars taiwanais à utiliser pour financer un voyage d’un mois à travers Taiwan dont le récit sera utilisé pour faire la promotion de l’île à l’étranger.

Des conseils pour les candidats sont distillés sur le site de TaiwanBestTrip sur la façon d’engranger des points supplémentaires, par exemple en décrivant leur aventure sur un blog personnel ou sur un réseau social du type Facebook.











(Source Taiwan Info)


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31 mai 2009

Le musée de la Préhistoire, à Taitung.


Le musée de la Préhistoire est né d'un accident récent, puisqu'il abrite en grande partie des reliques découvertes non loin de là, sur un site qui devait être à l'origine celui de la nouvelle gare de Taitung. C'est en effet en effectuant des travaux de terrassement que des ouvriers mirent au jour un site préhistorique d'une qualité exceptionnelle.

Les experts et les chercheurs se précipitèrent pour l'étudier et y découvrirent tout un ensemble de sépultures constituées de cercueils de pierre qui forment le complexe funéraire le plus ancien de ce type en Asie de l'Est et dans tout le Pacifique. Pendant les premiers mois que durèrent la campagne de fouille initiale, plus de 1 500 cercueils furent excavés, ainsi qu'environ 20 000 objets ou frag ments d'objets de pierre et de terre cuite.

Les environs étaient déjà connus des archéologues japonais qui y avaient étudié, il y a une centaine d'années, de mystérieux mégalithes. En 1944 et 1945, d'autres archéologues japonais s'étaient livrés à de premières recherches sur place.

Le musée a été édifié non loin du Parc culturel Beinan où les fouilles se poursuivent, rapportant toujours plus d'informations sur les civilisations qui ont autrefois peuplé l'île. Le bâtiment ultramoderne comprend 3 grandes aires d'exposition, une première consacrée à l'histoire naturelle insulaire, une autre où l'on découvre les civilisations préhistoriques qui ont habité sur place et une troisième présentant la culture matérielle des Austronésiens de Tai wan dont les descendants, les tribus aborigènes, peuplent encore les montagnes centrales de l'île.
Nicolas Grévot




En mars dernier, le musée national de la Préhistoire, à Taitung, a reçu une donation d'objets, la plus large qui lui ait jamais été faite. Elle était formée d'une collection de plus de 4 000 objets du monde austronésien réunis par Yashichika Iwasa, un archéologue passionné des civilisations du Pacifique aujourd'hui âgé de 85 ans.

« J'ai toujours souhaité que les objets [que j'ai réunis] puissent un jour retourner dans un pays de culture austronésienne, avec une population autronésienne, a expliqué le collectionneur. C'est le cas de Taiwan. »

Tu Cheng-sheng, le ministre de l'Education, s'était déplacé en personne, présidant la cérémonie de remise des objets organisée le 21 mars à Taitung et offrant au collectionneur japonais toute l'appréciation de ses concitoyens. En l'occurrence, trop âgé, celui-ci n'avait pas pu effectuer le déplacement depuis son pays, mais il s'était fait représenter par Isamu Sakamoto, un universitaire japonais lui aussi.

Yashichika Iwasa a enseigné à l'université de Tokyo et est l'ancien directeur de l'Institut des cultures du Pacifique, au Japon. En 1940, diplômé de Kansai Engineering School, une institution aujourd'hui connue sous le nom d'Institut de technologie d'Osaka, il s'aperçoit vite qu'il est plus intéressé par l'histoire. Devenu archéologue, en 1955, il se joint à une équipe de chercheurs en visite sur des sites historiques situés autour de la mer intérieure de Seto.

En 1959, il a l'opportunité d'accompagner une équipe de l'université de Shinshu, à Nagano, lors d'un voyage d'études dans les îles polynésiennes. C'est alors qu'il se prend de passion pour les civilisations du centre et du sud du Pacifique. Au milieu des années 60, il fonde dans son pays l'Institut des cultures du Pacifique.

Il entreprend alors son œuvre de collection, s'intéressant à l'archéologie et à l'ethnologie, avec pour principal barrière celle de la langue, puisque la plupart des archipels du Pacifique ont chacun leur langue, parlée seulement sur place. D'où le temps important qu'il a consacré à leur étude. Pour se financer, il publie des maga zines spécialisés, organise des expositions ou rédige des méthodes d'apprentissage des langues de ces régions. Il a notamment publié le premier dictionnaire tahitien-japonais.



Deux masques qui font partie des objets donnés au musée de Taitung.

C'est très récemment, en octobre de l'année dernière en fait, que la connexion s'est établie entre le collectionneur et le musée national de la Préhistoire, à Taitung, par le biais de Isamu Sakamoto. Ce dernier, expert du tapa une étoffe végétale fabriquée à partir d'écorce battue que l'on retrouve dans l'ensemble de l'Océanie avait été surpris lors de son passage au musée autant par la qualité de ses infrastructures, de classe mondiale, dit-il, que par la richesse de ses collections austronésiennes.

De retour au Japon, il rencontre dans le cadre de ses recherches Yashichika Isawa qui lui fait part de son inten tion de fermer l'institut qu'il a fondé et donc de trouver un autre endroit pour abriter sa collection, car il n'a personne dans son entourage à qui la confier. Isamu Sakamoto lui recommande immédiatement d'en faire don au musée de Taitung, ce que l'octogénaire accepte, après avoir pris toutes les informations nécessaires.

Par une heureuse coïncidence, des représentants du musée étaient au Japon au moment où, en décembre, Isamu Sakamoto les informa de la nouvelle. Ils y séjournaient pour mener des recherches sur les textiles des aborigènes de Taiwan présents dans les collections des musées de l'archipel, des pièces réunies lorsque l'île était une colonie japonaise, de 1895 à 1945.

Rien de plus normal alors que des membres de la délégation, parmi lesquels Pasuya Poinocu, le conservateur du musée, se déplacent le 4 décembre pour rencontrer le généreux mécène pour la première fois. « Au début, nous pensions qu'il s'agissait juste d'une douzaine de pièces de tapa », raconte Pasuya Poinocu qui se rappelle qu'à la fin de la première journée d'inspection, avec les gens qui l'accompagnaient, il avait déjà dénombré plus de 400 objets. En plus des œuvres d'art, il y avait de nombreux documents, des photos et des ouvrages.

Une salle spéciale dans le musée, à Taitung, sera consacrée aux collections d'Yashichika Iwasa. D'après le conservateur du département Recherche et Collection au sein du musée, Lin Chih-hsing, il s'agit d'une opportunité exceptionnelle, ces 4 000 objets constituant une importante source d'informations pour les recherches taiwanaises sur le monde austronésien.


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15 mai 2009

L'École française de Taipei mise sur le bilingue !!


C'est un grand bâtiment moderne et aéré, tout en vitres, qui a poussé l'an dernier sur l'avenue Wenlin, non loin des quartiers où résident nombre de familles expatriées. Le nouveau Campus européen est impressionnant par sa superficie et ses infrastructures (bibliothèque, salles spécialisées de musique, arts plastiques, sciences, informatique, réfectoire) compte tenu de ses effectifs relativement peu élevés : il accueille 624 enfants de la pe tite section de maternelle (PS) à la fin de l'élémentaire (CM2). Le reste des classes, soit près de 400 élèves de collège et de lycée, est sur le site de Yangmingshan, dans les collines qui surplombent Taipei.

L'Ecole européenne de Taipei (Taipei European School ou TES) existe officiellement depuis le 1er janvier 2003, mais sa création est en fait le résultat d'un rapprochement progressif des écoles française, allemande et anglaise, regroupées sur un même campus dès 1992.


En 2007, l'Ecole européenne a fait un pas de plus dans l'intégration, avec le lancement par la Section française d'une classe de petite et moyenne section de maternelle bilingue français-anglais. Deux professeurs des écoles expérimentés, respectivement de langue maternelle française et anglaise, ont été recrutés en Europe spécialement pour le projet. Car la maternelle n'est que la première étape d'un projet d'envergure : le développement d'une filière complète d'enseignement bilingue allant jusqu'à la fin du collège. La filière pourrait même à terme être développée au-delà du collège, jusqu'à la fin du lycée. Les classes de niveau supérieur ouvriront année après année, au fur et à mesure de la croissance des enfants.

Afin de ne pas forcer le choix des parents, l'Ecole française a conservé la possibilité d'une maternelle monolingue à horaires renforcés en langues. Mais, cette année scolaire, le projet bilingue a fait l'unanimité parmi les parents : les 19 familles ayant inscrit leurs 21 enfants en petite et moyenne section de maternelle ont toutes choisi cette formule. Forte de ce succès, l'Ecole française se doit désormais d'entreprendre le développement de la filière bilingue. Dès le mois d'août 2008, l'équipe enseignante sera renforcée, et l'école offrira un cycle complet de maternelle (petite, moyenne et grande section) bilingue.


Capacité d'adaptation et ouverture culturelle

Qu'on se le dise, l'enseignement bilingue n'est pas un système de cours renforcés en langues, ni un système dans lequel tout est répété dans les deux langues. Il utilise alternativement l'une ou l'autre langue comme support d'enseignement, un peu comme c'est le cas pour un enfant élevé dans une famille binationale. « L'enfant apprend à différencier la langue en fonction de l'interlocuteur et devient bilingue de manière très naturelle , explique Annie Guillotin, directrice de la Section française . Dans un contexte soigneusement défini et organisé, loin de perturber l'enfant, l'alternance des langues développe sa capacité d'adaptation, sa curiosité et son ouverture culturelle. »

A terme, l'enfant est en principe capable de poursuivre son éducation dans l'une ou l'autre langue. Un avantage appréciable pour les enfants d'expatriés, dont la vie est marquée par de fréquents changements de pays au gré des affectations professionnelles des parents, avec des condi tions de vie et d'enseignement qui peuvent être très différentes. La maîtrise de deux langues permet aussi aux enfants de mieux s'intégrer dans l'environnement interna tional de leur pays d'accueil.

Une filière intégrée au système français


La création de la filière bilingue à Taipei n'est pas une expérience isolée. Le développement des classes bilingues français-anglais est une priorité de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), l'organisme qui supervise les écoles françaises à travers le monde. En Asie, la pionnière a été l'Ecole française de Hongkong, qui s'est dotée d'une maternelle bilingue dès 2000 et dont les élèves les plus âgés sont déjà en classe de CM2. L'exemple a été suivi en 2006 par les écoles de Tokyo, Singapour, Bangkok et Pékin, et en 2007 par Taipei et Manille.

A la rentrée 2008-2009, Shanghai, Hanoi et Jakarta ont rejoints le réseau, contribuant à augmenter son dynamisme et sa capacité d'accueil en Asie. Le développement d'un réseau mondial est effectivement un avantage important pour la réussite de la filière : les par ents expatriés peuvent envisager de poursuivre leur carrière dans une autre capitale tout en conservant pour leurs enfants le bénéfice du système bilingue.

Autre avantage de poids, la filière bilingue est pleinement intégrée au système éducatif français. Si les parents rentrent en métropole, les enfants pourront sans problème poursuivre une scolarité normale. Pour les enfants de nationalité française, il est par ailleurs possible de de mander une bourse scolaire auprès du gouvernement français.


Mais la filière bilingue, à Taipei, n'intéresse pas que les enfants français ou britanniques. Elle est ouverte à tous les enfants titulaires d'un passeport étranger. L'an dernier, cinq élèves venaient de familles de langue uniquement chinoise. Michelle et Ben, couple taiwanais dont les enfants sont nés à l'étranger, ont ainsi choisi le système bilingue français -anglais pour l'éducation de leurs enfants : « Les deux grands sont déjà dans la classe bilingue, la petite dernière y entrera dès qu'elle aura l'âge. Nous avons choisi cette filière, car pour nous il est important que nos enfants apprennent deux langues étrangères, en plus du chinois que nous parlons à la maison. Le français est un très bon choix : c'est une langue très répandue dans le monde, parlée notamment en Europe, au Canada et dans beaucoup de pays africains. »

Eric Allain
©Eric Allain, 2008
PHOTOS AIMABLEMENT PRETEES PAR WANG HAN-SHUN


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30 avril 2009

Taipei sur la nouvelle édition mondiale du Monopoly !!


Taipei figurera sur la nouvelle édition mondiale du Monopoly, a annoncé hier Hasbro, la société à l’origine du jeu.

Au mois de janvier 2008, Hasbro a lancé un vote sur Internet, invitant les fans à choisir les villes qu’ils aimeraient voir représentées sur le plateau de jeu. Il était également possible de proposer deux nouvelles mégapoles.


Plus de 5,6 millions de votes ont été enregistrés pour les 70 villes proposées par Hasbro et 20 d’entre elles ont été sélectionnées. Parmi les deux villes proposées par les internautes, Taipei et Gdynia, en Pologne, ont remporté le plus de votes, gagnant ainsi le droit de figurer dans cette nouvelle édition, la douzième depuis que le jeu a été inventé en 1935 par Charles Darrow.


Plusieurs internautes à Taipei se sont particulièrement mobilisés, appelant leur entourage à voter pour leur ville. « J’ai voté tous les jours et j’ai demandé au plus possible de personnes d’en faire autant », a déclaré hier l’un d’entre eux.



Parmi les autres villes figurent notamment Jérusalem, Londres, Paris, New York et Rome. L’édition sera en vente dès le 26 août 2008 dans 50 pays et en 37 langues.






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18 avril 2009

Le Royaume des Fruits !!!!! Made in Taiwan

De gros efforts d’amélioration de la qualité ont permis aux producteurs de fruits taiwanais de sortir de la crise. Aujourd’hui, ananas, jamboses, mangues, mais aussi orchidées ou thés de Taiwan sont appréciés à travers le monde.

Retour sur l’histoire d’une renaissance :

L’anone (connue également sous le nom de pomme cannelle ou de corossol) est la nouvelle vedette de la région de Taitung qui en exporte aujourd’hui vers Singapour, Hongkong et le Canada

A la mi-avril, un salon du fruit à Pékin a été l’occasion pour le public chinois de déguster caramboles, litchis, goyaves, mangues, papayes, bananes et jamboses en provenance de l’île de Taiwan.
Les compliments ont fusé pour ces fruits juteux et sucrés. Taiwan n’a pas volé son surnom de « royaume des fruits ». Grâce aux techniques agricoles avancées qui sont employées dans l’île, certains fruits, comme les raisins et les jamboses, sont disponibles toute l’année ce qui leur donne un avantage sur les marchés étrangers. En fait, les fruits ne sont pas la seule production locale à avoir percé sur les marchés à l’export. Le thé oolong, les orchidées papillon (Phalaenopsis), le riz de Penglai ou encore certains légumes verts sont appréciés outre-mer, en Chine et au Japon notamment. Une production très sélecte. Au printemps, à Peinan, au pied des splendides montagnes du district de Taitung, on peut voir s’aligner les paniers d’anones le long des routes de campagne.
Leur lourd parfum incite les touristes venus passer le week-end dans le sud à s’arrêter pour en acheter et en ramener à la maison. La récolte des anones s’étale de décembre à avril, et on y a consacré 2 200 hectares de plantations, dont 78% dans le seul district de Taitung où l’ensoleillement et la pluviosité sont particulièrement adaptés. Peinan est le principal site de production. Pour expédier 500 caisses d’anones vers Hongkong au cours du week-end, vendredi matin à l’aube, le personnel s’active au centre de production de Panchiu, à Peinan. Chacun sait ce qu’il a à faire.
Les fruits sont triés selon leur poids, leur aspect, leur couleur et leur maturité. Ils sont ensuite inspectés à nouveau puis empaquetés. Les progrès réalisés ces dernières années dans la conservation et le conditionnement de ces fruits fragiles ont permis d’exporter avec succès vers d’autres destinations comme Singapour ou le Canada sous la marque Green Jade.
A Singapour, les consommateurs préfèrent les fruits de petite taille mais de qualité supérieure, alors qu’à Shanghai, comme à Taiwan, leurs suffrages vont aux plus gros spécimens. « Pour la plupart des consommateurs asiatiques, la qualité d’un fruit tient à sa teneur en sucre. En la matière, l’anone taiwanaise a un potentiel certain », dit Yang Cheng-shan, qui dirige l’unité de Panchiu de la station de recherche agronomique du district de Taitung. L’année dernière, le district a exporté 12 t de ce fruit.
A la fin du mois de mars, on en était déjà à 30 t grâce aux nouveaux marchés que sont la Malaisie, Hongkong et Shanghai. Le Japon montre également un grand intérêt pour la production locale. Bien que les exportations d’anones en provenance de Taitung soient encore modestes, puisqu’elles ne représentent que 2% de la production totale de Taiwan, leur prix à l’export est bien plus important que celui auquel elles sont vendues sur place. A Singapour par exemple, une anone de catégorie « spéciale » peut atteindre 118 dollars taiwanais (2,65 euros), soit le double de ce qu’elle serait vendue sur un marché taiwanais. Vu les profits, les producteurs sont ravis de coopérer. De tous les fruits exportés, ce sont les mangues Irwin qui se vendent le plus cher. Au Japon, elles se vendent l’équivalent de 150 dollars taiwanais (3,40 euros) pièce. « En 2003, il y a eu une diminution des ventes de mangues au Japon, et pourtant, ces exportations nous ont rapporté davantage », souligne Huang Tzu-bin, en charge des affaires internationales au ministère de l’Agriculture. Cette année-là, Taiwan a exporté 12 623 t de mangues pour une valeur totale de 3,69 millions de dollars américains. A cause des typhons, en 2004, le volume de ces exportations est tombé à 5 000 t, mais encore une fois, elles ont augmenté en valeur pour atteindre 4,82 millions de dollars. En d’autres termes, les exportations ont reculé de 60% en volume tout en progressant de 30% en valeur. Les producteurs de Yuching, dans le district de Tainan, ont compris que le volume n’avait pas besoin d’être élevé pour que les recettes soient bonnes, commente Huang Tzu-bin. « Cela rapporte plus de sélectionner fréquemment les cinq meilleurs fruits sur un lot de cent. »

Très prisés des Japonais,les melons brodés sont porteurs de grands espoirs chez les producteurs taiwanais.

La norme au Japon

Au Japon, les visiteurs étrangers s’étonnent invariablement du prix astronomique – jusqu’à 10 000 yens – que peut atteindre le melon brodé dans les supermarchés. Il n’est donc pas surprenant que le marché japonais soit la cible numéro 1 des producteurs taiwanais. Les statistiques du ministère de l’Agriculture montrent qu’en 2003, 37% des exportations de Taiwan dans le domaine de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture (ces deux derniers comptant pour l’essentiel) étaient destinées à l’archipel nippon, ce qui représente une rentrée de devises de 1,2 milliard de dollars américains. L’année dernière, ce montant a légèrement augmenté pour atteindre 1,4 milliard, le Japon absorbant ainsi 39% des exportations du secteur primaire taiwanais. Quoi qu’il en soit, le Japon, premier débouché insulaire en la matière, conserve sa réputation de marché difficile d’accès, et il a fallu déployer d’immenses efforts pour satisfaire aux normes japonaises. Prenons les papayes, par exemple. Celles-ci sont exportées à Singapour, au Canada, en Malaisie et à Hongkong, mais le Japon, prétextant que Taiwan est « infestée par la mouche orientale du fruit », a longtemps trouvé le moyen de fermer ses frontières à la production insulaire.
Il a fallu huit ans de négociations et la mise en place d’un mécanisme de fumigation contre cet insecte pour faire entrer les papayes taiwanaises au Japon.
Les difficultés ont été les mêmes pour le riz de Fuli. Ce n’est qu’après avoir passé avec succès une inspection portant sur 120 points que ce riz d’excellence a pu être expédié vers le Japon, après 33 ans d’interruption des importations de riz taiwanais dans l’archipel nippon. Dans les deux cas, c’est en misant sur la qualité, quitte à développer le volume plus tard, que les producteurs sont parvenus à s’introduire sur le marché japonais.

Améliorations


Un examen plus attentif des statistiques concernant les exportations vers le Japon montre que les produits de la pêche et de l’aquaculture sont en tête de liste avec une valeur d’environ 1,02 milliard de dollars américains. Ensuite viennent les légumes pour quelque 80 millions seulement. Le Japon n’importe pour l’instant que très peu de fruits taiwanais, ce qui prouve qu’il reste dans ce secteur un large potentiel de développement. Outre les barrières non tarifaires comme la quarantaine, les agriculteurs taiwanais sont confrontés à des problèmes structurels en termes de stabilité de la production et de la qualité, de gestion de la production et des terres, de catégorisation et de conditionnement, de conservation ou encore de stockage et d’acheminement. « Autrefois, les produits agricoles taiwanais étaient principalement destinés au marché intérieur, dit Richard Chen, directeur des produits agricoles au Conseil pour le développement extérieur de Taiwan (TAITRA), qui a organisé plusieurs foires agricoles taiwanaises à l’étranger. Les agriculteurs étaient satisfaits des prix qu’ils obtenaient à Taiwan et étaient réticents à vendre leur production aux exportateurs étant donné les conditions très strictes que ceux-ci leur imposaient. » Depuis l’année dernière, le ministère de l’Agriculture planifie la mise en place de « zones de fruiticulture à l’export » où seront produits ananas, mangues, bananes, etc. Par exemple, les 1 000 arbres de M. Chu, un producteur d’anones de Peinan, ont obtenu la qualification de « verger à l’export », car les arbres sont sains, et la production est protégée contre les typhons par des coupe-vent. Le producteur doit se soumettre à un certain nombre de règles concernant l’emploi des pesticides, les fruits exportés devant être dépourvus de tout résidu. L’espoir des pouvoirs publics est qu’une gestion rigoureuse de la qualité élèvera la compétitivité de la production insulaire et les revenus des agriculteurs. D’autant plus que lorsqu’un produit est jugé non conforme aux normes sanitaires dans un pays importateur, cela a des répercussions sur toute la production et sur l’image de Taiwan. Huang Tzu-bin souligne que depuis quelques années, la demande en légumes congelés taiwanais sur les marchés internationaux avait chuté en raison de la concurrence chinoise et thaïlandaise. Mais l’année dernière, des inspections japonaises ont révélé des taux de pesticides trop élevés dans les pousses de soja congelées en provenance de Chine. Du coup, les importateurs japonais se sont tournés vers Taiwan. La durée de vie en rayon des légumes étant plus courte que celle des fruits, leur exportation implique de surmonter de multiples défis.
En 2001, sous l’égide du ministère de l’Agriculture, l’équipe de production maraîchère du district de Yunlin a fondé une Alliance stratégique de producteurs qui a pour mission de trouver de nouveaux débouchés et de faire disparaître le problème de la surproduction. Ils ont sélectionné Singapour comme premier marché cible, étant donné que la production agricole est, dans ce petit pays, très réduite. L’alliance a expédié vingt variétés de légumes à Singapour, mais le prix de vente n’était pas suffisant pour faire un profit. Finalement, Singapour a opté pour la production moins chère de la Chine et de la Malaisie, et l’expérience a d’abord semblé un échec pour Taiwan. Qui aurait imaginé que celle-ci aurait tout de même des retombées positives ? C’est pourtant ce qui est arrivé. Un homme d’affaires japonais en visite à Singapour y a remarqué des laitues de Yunlin vendues dans un supermarché local, et il a eu l’idée de remonter directement à la source pour voir s’il pouvait faire affaire avec les producteurs. C’est ainsi que ceux-ci ont vu la porte du marché japonais s’ouvrir à eux. Chen Ching-shan, président de la coopérative agricole de Hsinhu, dans le district de Yunlin, qui est allé à Singapour pour y effectuer une étude de marché, remarque que la laitue n’est pas adaptée aux climats tropicaux. Les Etats-Unis en cultivent en abondance et, en fonction de la saison, peuvent en fournir jusqu’à 7 000 t par an au Japon par exemple. La région de Yunlin ne peut en produire que durant l’hiver. L’année dernière, elle en a exporté 1 000 t et espère cette année atteindre les 2 000 t. Bien que 15% seulement de la production maraîchère du district de Yunlin soit exportée, le cours des légumes ne subit pas de variations aussi importantes à l’export que sur le marché intérieur et les fermiers parviennent à réaliser une marge stable de 3 à 5 dollars taiwanais au kilo.

Manguiers chargés de fruits,dans le district de Pingtung.Les mangues Irwin produites à Taiwan ont remporté les suffrages à l’étranger, même au Japon, marché réputé particulièrement difficile.

A nouveau la banane

La conjoncture internationale est changeante, et les personnes talentueuses dans la vente à l’export des produits agricoles ne sont pas faciles à trouver. L’histoire des bananes de Taiwan en est une bonne illustration. Dans les années 60, on a planté à Taiwan environ 40 000 ha de bananiers. A l’époque, les exportations de bananes comptaient pour 25% des rentrées de devises. En 1974, la gestion de ces exportations capitales pour l’économie insulaire fut confiée à un organisme créé pour cette mission spécifique, la Coopérative fruitière marchande de Taiwan. Pourtant, au cours des trente années suivantes, les ventes de bananes à l’étranger accusèrent une baisse constante. Après avoir atteint 400 000 t, elles n’étaient plus que de 25 000 t en 2003, un recul dû à la concurrence de fruits moins chers en provenance des Philippines et d’Amérique du Sud. Si Taiwan n’a pas su maintenir sa place dans ce domaine, c’est à cause de la situation d’oligopole qui régnait dans le secteur, étouffant la compétitivité et engendrant quantité de problèmes structurels. Ces dernières années, les producteurs de bananes, les équipes de marketing et les exportateurs ont beaucoup réfléchi à la question et demandé à ce que des améliorations soient apportées au système.
Le ministère de l’Agriculture a donc accepté de laisser les producteurs ne travaillant pas avec la coopérative tenter leur chance par eux-mêmes sur le marché japonais. Le Japon importe 75 millions de caisses de bananes par an, dont 1,5 million en provenance de Taiwan. Heureusement, dit Huang Tzu-bin, les bananes taiwanaises sont bien supérieures à celles des Philippines, tant sur le plan de la texture que du parfum, ce qui explique qu’elles restent les favorites des consommateurs japonais. L’objectif du secteur est maintenant de développer cet avantage pour atteindre 2 millions de caisses exportées vers le Japon chaque année.

Vendre en Chine ?

Ces derniers temps, les exportations de produits agricoles taiwanais sur l’autre rive sont l’enjeu de discussions animées dans le cadre des relations avec la Chine. La question est toutefois de déterminer si elles seraient réellement bénéfiques aux agriculteurs taiwanais. La crainte de certains est que les techniques agricoles avancées et les variétés supérieures dont on dispose à Taiwan ne finissent par tomber aux mains des agriculteurs chinois, et que ce soit finalement eux qui tirent parti de la situation, voire qu’ils concurrencent directement la production locale dans l’île. Face à ces interrogations, les pouvoirs publics traitent le dossier avec circonspection. Huang Tzu-bin remarque que les ventes en Chine représentent déjà 8% de la production agricole insulaire en valeur. En y ajoutant les expéditions vers Hongkong, qui comptent pour 15% de celle-ci, on constate que le marché chinois absorbe déjà un quart de la production agricole de Taiwan. Si la Chine tentait une opération de charme et que les efforts des exportateurs se reportaient sur elle au détriment des autres nations acheteuses, alors la dépendance envers le marché chinois deviendrait dangereuse. Autrement plus inquiétante est la probabilité de voir Pékin réclamer la réciprocité et les produits chinois – riz, champignons, ail, etc. – inonder le marché insulaire. On le voit, les agriculteurs taiwanais risquent fort de gagner une bataille pour finalement perdre la guerre. Pour Lei Li-fen, professeur d’économie agronomique à l’université nationale de Taiwan, si des discussions sérieuses s’engagent avec la Chine, il ne faudra pas laisser celle-ci mener les négociations. Il faudra absolument faire en sorte de créer un mécanisme de négociation permanent et efficace qui puisse être ouvert à n’importe quel moment. C’est la seule façon de s’assurer que Taiwan ne sera pas à la merci de la Chine. Fuite technologiqueLa Chine ne fait pas qu’ouvrir ses marchés aux produits agricoles taiwanais, elle fait aussi tout son possible pour que les agriculteurs taiwanais eux-mêmes suivent le mouvement et s’installent sur l’autre rive.

Une plantation de théoolong sous les aréquiers,à Luku, dans le district deNantou. Les thés formosans ont une très bonne réputation parmi les connaisseurs.

Chu Jung-chang, directeur de la plantation d’orchidées Nanchang, à Taitung, raconte que pas moins de 28 missions en provenance de Chine ont visité le site l’année dernière.
Ces visiteurs lui ont posé beaucoup de questions concernant la gestion de l’entreprise, et il a même été invité à se rendre en Chine une fois par mois pour y apporter une assistance technique aux producteurs chinois. Chu Jung-chang a poliment décliné l’offre en expliquant que la variété d’orchidées qu’il exploite ne lui appartient pas… Le gouvernement provincial du Fujian, poursuit-il, s’est doté de 165 000 m2 de serres sur la côte et le presse d’y investir en joint-venture. « Je n’ai pas envie de prendre des risques, dit-il. Ils vous donnent un bail de 50 ans, mais qu’est-ce qui vous dit qu’une fois que vous avez monté votre affaire, mettons au bout de trois ans, ils ne vont pas revenir sur leurs promesses ou vous accuser d’un crime que vous n’avez pas commis pour tout vous confisquer ? » «
Actuellement, l’orchidée papillon de Taiwan occupe encore une niche sur le marché international, mais c’est un domaine très concurrentiel. » Aux Pays-Bas, remarque-t-il, on ne prend pas de risques inutiles : l’exportation des nouvelles variétés est strictement contrôlée par crainte de voir celles-ci recréées ailleurs et pour moins cher par des concurrents. Chu Jung-chang se méfie lui aussi. Lorsque des délégations chinoises visitent sa plantation, il leur interdit de prendre des photos, mais il connaît leurs méthodes. Par exemple, dit-il, il en a vu certains gratter discrètement le pistil d’une orchidée pour récolter un peu de pollen sous leurs ongles puis glisser la précieuse poudre dans un petit sac en plastique. Il y en a même qui prélèvent carrément une pousse pour faire de la culture de tissus une fois rentrés dans leur laboratoire en Chine. Mais pour maîtriser ce marché, tous les détails ont leur importance. « Quand faut-il arroser ? Combien d’eau faut-il donner à chaque plante ? A quelle profondeur faut-il placer les racines ? Combien de pommes d’arrosage faut-il et à quelle distance doit-on les mettre les unes des autres ? Comment entretient-on les racines ? Cette expérience et ce savoir-faire, c’est une technologie taiwanaise et c’est ça notre grand avantage. » En rejoignant l’Organisation mondiale du commerce début 2002, Taiwan a accepté de baisser ses taxes à l’importation sur les produits agricoles et d’ouvrir son marché. Au cours des trois années qui se sont écoulées depuis, quantité de produits agricoles importés ont fait leur apparition sur les rayons et la production taiwanaise elle aussi s’exporte de plus en plus. Les courageux agriculteurs insulaires méritent mieux qu’un estomac plein et un toit au-dessus de leur tête. A n’en pas douter, la notoriété du label taiwanais se renforce, et ils récolteront bientôt les fruits de leurs efforts.

Teng Sue-feng

(j'ai l'intention de vous faire un prochain post sur les magnifiques orchidées que l'on trouve sur Taiwan) donc à suivre !!!!!


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