15 juillet 2019

Nantou : beauté immatérielle !!


Le Parc culturel de la céramique du four-serpent de Shuili, dans le district de Nantou, au centre du pays, préserve et promeut les traditions locales de fabrication potière.
Photo : Chin Hung-hao / MOFA
Les riches traditions artisanales du district de Nantou trouvent leur source dans un vibrant paysage culturel.
Un matin de mars, l’artisane teinturière d’indigo Tang Wen-chun [湯文君] fait visiter à un groupe d’étudiants en design son atelier situé à l’Institut national de recherche sur l’artisanat (NTCRI), dans le district de Nantou, au centre du pays. Alors que les visiteurs déambulent dans son atelier spacieux, Tang Wen-chun répond aux questions concernant son artisanat de prédilection et explique de façon concrète comment elle imprime des motifs indigo complexe sur les vêtements, les porte-monnaie et une variété d’autres objets.

L’artisane teinturière d’indigo Tang Wen-chun montre certaines de ses créations récentes dans son atelier de l’Institut national de Recherche sur l'artisanat, à Nantou. (Photo : Chin Hung-hao / MOFA)
Le groupe venu de l’Université nationale des sciences et technologies de Yunlin, dans l’ouest de Taiwan, est l’un des nombreux groupes à avoir visité l’atelier de Tang Wen-chun situé dans le vaste complexe du NTCRI. L’institut, qui se trouve dans la commune de Caotun du district de Nantou, est une Mecque pour les étudiants en design et en artisanat. Créé en 1954, l’établissement est aujourd’hui géré par le ministère de la Culture. En plus des ateliers en résidence, il accueille des expositions et des formations pratiques dans des disciplines allant du tissage de bambou à la sculpture sur pierre en passant par la céramique.

Tang Wen-chun est l’une des six résidents de l’institut. Elle est elle-même issue des programmes d’enseignement de l’institut, ayant lancé sa carrière après avoir participé à un cours sur la teinture des tissus en 2003. Pour l’artisane, l’établissement est le plus éminent symbole du dynamisme culturel de son district natal. « Nantou possède une riche variété de traditions d’artisanat que les visiteurs peuvent explorer », explique-t-elle.

Le NTCRI expose les travaux d’artisans locaux et internationaux. (Photo : Chin Hung-hao / MOFA)
Selon le directeur du NTCRI, Hsu Keng-hsiu (許耿修), l’institut est le centre taiwanais le plus avancé pour la promotion et la préservation des artisanats traditionnels. « Nous travaillons aussi à développer la connaissance des techniques artisanales à l’étranger en invitant régulièrement des artisans étrangers à venir collaborer avec leurs homologues taiwanais au sein de notre établissement. »

En outre, le NTCRI permet à des artisans et des ateliers locaux d’artisanat et de design de participer à des événements à l’étranger. En mars 2017, il a envoyé une délégation au Salon international du mobilier  de Singapour, où la Fondation culturelle et éducative Watersource (un atelier de teinture d’indigo de la ville de Taichung, au centre de Taiwan) a remporté le prix du Meilleur décor dans la catégorie Artisanat. Tang Wen-chun est depuis 2008 l’instructrice en chef de la fondation, réputée pour sa ligne de produits « Taiping Blue ».

Le maître laquier Wang Ching-shuang finit une pièce. (Aimable crédit du district de Nantou)
Capitale artisanale
« Nantou est la capitale artisanale de Taiwan », déclare Lin Rong-sen [林榮森], directeur général du Bureau culturel du district. Selon lui, le district est essentiellement associé à trois disciplines : le tissage de bambou, la laque et la poterie.

De nombreux maîtres de renom dans ces disciplines sont originaires de Nantou, parmi lesquels Wang Ching-shuang [王清霜], Huang Tu-shan [黃塗山] and Li Rong-lie [李榮烈]. Wang Ching-shuang et Huang Tu-shan sont respectivement reconnus pour leurs accomplissements dans les arts de la laque et du bambou. Li Rong-lie est célébré pour son rôle de pionnier dans la revitalisation d’une discipline qui conjugue le tissage de paniers en bambou et la peinture à la laque.

Cette chaise en bambou réalisée par l’artisan taiwanais Chen Kao-ming et par le designer allemand Konstantin Grcic est née d’un programme de collaboration internationale organisé par le NTCRI. (Photo : Chin Hung-hao / MOFA)
Afin de préserver l’héritage culturel immatériel de la nation, le ministère de la Culture a désigné 30 individus et organisations à travers Taiwan comme étant d’ « importants conservateurs des artisanats et des arts de la scène ». Avec quatre d’entre eux (dont les trois déjà mentionnés), Nantou est la région du pays qui profite du plus grand nombre de bénéficiaires de ce titre.

Parmi les formes d’artisanat les plus représentatives de Nantou, la poterie est certainement la plus visible pour les visiteurs. « Plusieurs villes du district ont parmi les plus grandes concentrations d’artisans potiers et de fours traditionnels de Taiwan », affirme Chang Min-hao [張敏浩], directeur général de l’Association d’art potier de Nantou.

Le secteur de la poterie à Nantou a connu une transition majeure au cours des dernières décennies. De nombreux centres de céramique traditionnelle connaissaient déjà des difficultés pour joindre les deux bouts quand un tremblement de terre de magnitude 7,3 a touché le centre de Taiwan le 21 septembre 1999. A la suite de cette tragédie, dans laquelle plus de 2 400 personnes sont décédées, plusieurs lieux de poterie ont connu un renouveau touristique inattendu, explique Chang Min-hao.

Le musée de l’art du bambou de la ville de Nantou explore les traditions de tissage de bambou du district. (Photo : Chin Hung-hao / MOFA)
Aujourd’hui, des infrastructures comme le Village d’art céramique du four de Tian Xing, dans la commune de Jiji et le Parc culturel de la céramique du four-serpent de Shuili, dans la commune de Shuili, aident à préserver les traditions de fabrication potière du district. Ces parcs culturels offrent des visites des vieux fours, présentent les outils et les méthodes de production traditionnelles et proposent des expériences pratiques de poterie. Ils accueillent également des expositions d’œuvres de céramistes taiwanais.
Des traditions aborigènes
La diversité du savoir-faire de Nantou vient de la variété de cultures ayant influencé son développement. Le district abrite des membres des communautés atayal, bunun, seediq et thao, quatre des 16 peuples autochtones officiellement reconnus à Taiwan. Au total, les populations aborigènes constituent 5,7% de la population de Nantou.

L’un des groupes locaux les plus impliqués dans la promotion du patrimoine culturel aborigène est l’Association culturelle bunun. Basée dans la commune de Sinyi, l’organisation est le quatrième bénéficiaire à Nantou de la désignation d’ « important conservateur des artisanats et des arts de la scène » du ministère de la Culture. Elle est reconnue pour garder vivante la coutume bunun du Pasibutbut, un chant polyphonique à huit voix, généralement interprété en février afin de prier pour une bonne récolte du millet. Grâce aux activités promotionnelles de l’Association culturelle bunun, le Pasibutbut est devenu l’une des traditions aborigènes les plus largement connues et célébrées à Taiwan.

Des paniers ancestraux utilisés pour le festival Lusan du peuple autochtone thao. Ils constituent la dernière entrée sur la liste des coutumes populaires majeures du ministère de la Culture. (Aimable crédit du district de Nantou)
Les efforts visant à préserver la culture thao ont eux aussi rencontré d’impressionnants résultats ces dernières années. Les Thao sont parmi les groupes indigènes les moins nombreux de Taiwan, avec seulement 200 membres résidant actuellement sur leurs terres traditionnelles autour du lac du Soleil et de la Lune de Nantou, un site touristique de premier plan à Taiwan. En 2015, le festival Lusan, qui prend place en été pour célébrer la nouvelle année thao, est devenu la 18e des coutumes populaires majeures listées par le ministère de la Culture.

« Bien que nos traditions soient sérieusement menacées par l’essor du tourisme sur nos terres, l’inscription sur la liste soutient nos efforts de conservation, explique Hudun Lhkatanamarutaw, administrateur de l’Association pour le développement et la culture thao. Avec cette nouvelle désignation, il est plus facile de solliciter des financements publics pour préserver notre culture. »

Une illustration présentant certains des sites les plus emblématiques de Nantou. (Illustration : Kao Shun-hui)
L’héritage hakka
Les habitants hakka, qui constituent 16% de la population de Nantou, ajoutent davantage encore de vitalité au paysage culturel du district. « Situé véritablement au centre de Taiwan, Nantou fut la principale destination de ceux ayant décidé de se réinstaller après la vague initiale d’immigration hakka venue du sud-est de la Chine », indique Lin Rong-sen, directeur général du Bureau culturel du district.

Afin de mieux faire connaître la culture hakka, l’administration locale a lancé le projet « Communautés hakka six étoiles ». Cette initiative permet de promouvoir le tourisme dans les communautés majoritairement hakka de six communes du district de Nantou, à travers un éventail de mesures promotionnelles et de projets de rénovation. Dans la commune de Guoxing par exemple, où les Hakka constituent presque 80% de la population, des efforts sont entrepris afin de transformer la vieille rue en une plateforme pour les ateliers de design et les entreprises culturelles et créatives.

L’espoir de l’administration du district est que ce programme aide à améliorer l’appréciation du paysage culturel du district. « Les patrimoines immatériels transmis par les générations passées participent dans une large mesure à placer Nantou à part des autres régions de Taiwan, affirme Lin Rong-sen. Protéger et promouvoir ces ressources est notre objectif premier. »

Des membres de la communauté bunun interprètent le Pasibutbut, un chant polyphonique à huit voix. (Aimable crédit du district de Nantou)

Les visiteurs profitent d’une balade à vélo autour du fameux lac du Soleil et de la Lune. (Photo : Huang Chung-hsin / MOFA)


L’académie d’enseignement classique de Lantian de la ville de Nantou est l’un des 14 lieux désignés comme sites historiques par l’administration locale. (¨Photo : Chin Hung-hao / MOFA)
Mettre en valeur les ressources historiques uniques de Nantou
Bien que largement célébré pour sa beauté naturelle et son héritage culturel immatériel, le district de Nantou possède également une variété de biens historiques uniques qui restent cependant peu connus. Au premier rang de ceux-ci se trouve le sentier historique de Batongguan, le seul site historique du district classé au plan national.

Achevé en 1875 à l’époque de la dynastie Qing (1644-1911), le sentier a été construit pour renforcer les interactions entre les autorités et les tribus aborigènes vivant dans les montagnes. Situé sur ce qui constitue aujourd’hui le Parc national de Yushan, ce sentier fut le premier passage traversant les montagnes centrales, démarrant dans la commune de Zhushan, à Nantou, et se terminant dans celle de Yuli, dans le district de Hualien, à l’est de Taiwan. S’étendant sur 152 kilomètres au moment de sa création, le sentier est en majorité devenu impraticable depuis. Certaines parties ont toutefois été maintenues en état.

L’administration du district a également désigné 14 lieux comme sites historiques, y compris trois temples et trois académies d’apprentissage classique. L’une des attractions les plus connues sur cette liste est le Pont du riz glutineux. Construit en 1941 au cours de la période coloniale japonaise (1895-1945), la structure enjambe la crique de Peikong, dans la commune de Guoxing, à Nantou. Son nom lui vient du fait que du riz glutineux a été utilisé comme adhésif pendant sa construction.

Non loin de la crique de Peikong se trouve le Parc culturel de la maçonnerie de pierre. L’ancienne infrastructure d’extraction et de maçonnerie, qui a fourni les matériaux bruts pour le pont, a été transformée en une attraction touristique « qui permet aux visiteurs d’explorer la clairvoyance des populations hakka locales dans la promotion d’une utilisation durable des ressources disponibles », explique Lin Rong-sen.

Le riche héritage culturel de Nantou est aussi visible à travers les vestiges archéologiques de Chuping, dans le district de Renai. Situé à une altitude de 750 mètres, ce site préhistorique a été découvert en 1980. L’administration locale travaille en collaboration avec plusieurs ministères dans le but de concevoir un parc archéologique sur le site où ont été excavées les reliques afin de pouvoir les y exposer, alors qu’elles sont actuellement conservées dans une institution universitaire à Taipei.

Les efforts pour élargir le nombre d’établissements culturels à Nantou se sont accélérés ces dernières années, avec comme ajout le plus récent le musée des arts Yu-hsiu. L’institution privée a ouvert en janvier 2016 et elle est le premier et seul musée des beaux-arts du district. « Son objectif est de renforcer l’éducation aux beaux-arts tout en aidant les artistes taiwanais à se faire connaître à l’étranger à travers des projets d’échange avec des institutions étrangères », explique le directeur du musée, Lee Chu-hsin [李足新].

Situé dans la commune de Caotun, le bâtiment abritant le musée est lui-même une œuvre d’art. La structure, conçue par Liao Wei-li [廖偉立], a remporté la récompense de premier ordre du Prix de l’architecture de Taiwan, un prix décerné annuellement par le magazine Taiwan Architectdepuis 1979. L’entrée dans le musée est gratuite mais sur réservation seulement.
(Source Taiwan Info)

15 juin 2019

Droit des femmes au travail : Taiwan au premier rang en Asie !!


A New Taipei, l’entreprise Jess-Link Products Co. (JPC) est dirigée par une femme, Zhang Shu-mei [張舒眉] (à d.). Selon la Banque mondiale, Taiwan figure au premier rang en Asie en termes de protection juridique des femmes au travail.
Photo : Chen Mei-ling / MOFA
Une étude publiée le 27 février par la Banque mondiale révèle les avancées de l’inclusion économique des femmes dans le monde au cours des dix dernières années, analysées sous l’angle des protections juridiques dont elles bénéficient au travail. Taiwan y prend la première place en Asie.

Dans l’indice présenté dans le rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2019 : une décennie de réformes, Taiwan obtient le score maximal de 100 pour cinq des huit indicateurs considérés, signe que le pays reconnaît les mêmes droits aux femmes et aux hommes dans les domaines analysés : la possibilité de se mouvoir, commencer un ‎travail, l’égalité salariale, le mariage, la gestion d’actifs.

Pour les trois indicateurs restants – avoir des enfants, diriger ‎une entreprise et accéder à une pension de retraite –, Taiwan est crédité d’un score de 85, 75 et 75, respectivement, indiquant que des progrès restent à accomplir sur ces sujets.

En moyenne, Taiwan obtient un score de 91,25/100, se plaçant ainsi au niveau de l’Albanie et de la Nouvelle-Zélande. Qui plus est, selon la Banque mondiale, Taiwan fait partie des 22 économies dans le monde ayant supprimé au cours des 10 dernières années les entraves au travail des femmes, améliorant la possibilité d’accéder à certains secteurs de l’économie qui leur étaient jusque-là interdits.

Parmi les 187 économies étudiées, six (la Belgique, le Danemark, la France, la Lettonie, le Luxembourg et la Suède) obtiennent la note moyenne maximale de 100. En Asie, Taiwan devance Hongkong (avec un score de 86,25/100), la Corée du Sud (85) et Singapour (82,5).

A l’échelle mondiale, note toutefois la Banque mondiale, les femmes ne se voient accorder que les trois quarts des droits reconnus aux hommes, ce qui les empêche d’accéder à l’emploi ou de créer une entreprise et de prendre les décisions économiques les plus adaptées pour elles et leurs familles.
Source Taiwan Info

15 avril 2019

CYCLE AROUND TAIWAN in 4K! 1 HOUR DRONE !!

Si votre famille ou vos amis ont du mal à s’imaginer ce qu’est Taiwan, voici une vidéo superbe faite par un cycliste qui a fait le tour de l’île et qui maîtrise son drone avec beaucoup de talent :

De juillet à septembre 2018, j'ai parcouru tout Taiwan, (ce n'est pas moi !!) parcourant la côte ouest puis la côte est, visitant des sites et des îles remarquables. J'ai volé beaucoup, enregistrant des extraits d'épisodes de mon VLOG. J'ai reçu beaucoup de demandes pour allonger mes segments de vol et donner une version plus longue de mon voyage là-bas, alors j'ai monté cette vidéo. J'ai mis cela ensemble avec des parties que je trouvais intéressantes, en essayant de ne découper que les parties déchiquetées et de les mettre sur une musique relaxante. Cela suit ma route, alors en regardant, c'est un peu comme si vous faisiez du vélo autour de Taiwan vous-même!

Suivez le chemin et référencez les vidéos ici: https://jayoe.com/taiwan/

Alors, profitez du vol et faites-moi savoir s'il s'agit de quelque chose que vous souhaiteriez davantage. Je pourrais faire une vidéo de la Corée et du Japon si vous le faites et, à l'avenir, faire une vidéo comme celle-ci pour chaque pays que je traverse.

Cela a pris beaucoup de travail, alors j'espère que cela en vaut la peine.



10 mars 2019

La « street food » made in Taïwan !!

Ici des calamars dorent sur la braise, là on croque dans des « gua bao ». De Taipei à Tainan, dans des marchés aux étals foisonnants, l’île vibre jour et nuit pour la cuisine de rue.



Les nombreux marchés nocturnes de Taipei font de Taïwan un paradis de la « street food ».
Les nombreux marchés nocturnes de Taipei font de Taïwan un paradis de la « street food ». Yuri Smityuk / TASS / Getty Images

Les Taïwanais font parfois remarquer que leur île possède la forme allongée et arrondie d’une patate douce. Comme celles, cuites au four ou à l’étuvée, que propose un vendeur à la sauvette le long de l’escalier sans fin (960 marches !) qui conduit au sommet du mont Eléphant, cette colline surplombant spectaculairement Taipei. En dégustant la chair fondante et sucrée du tubercule, on se redit que, effectivement, ce pays est à croquer. Si, dans le TGV local, reliant, du nord au sud-ouest, la capitale de l’ancienne Formose à la cité historique de Tainan, on a vu se succéder rizières, cultures maraîchères et champs de canne à sucre, ce sont d’abord ces centres urbains qui nous ont régalés de leur profusion culinaire.
Certes, les 509 mètres de la tour 101 à Taipei ne rivalisent guère avec les skylines de Shanghaï. Et les vestiges du fort Zeelandia, la forteresse de Tainan construite au XVIIe siècle par les colons hollandais, n’ont pas le prestige de la Cité interdite. Leurs restaurants, leurs rues et leurs marchés vibrent pourtant d’une effervescence gourmande qui fait aujourd’hui de Taïwan une destination en vogue pour les « foodies » du monde entier. La richesse de la cuisine taïwanaise porte bien sûr l’empreinte de son environnement maritime, poissons et fruits de mer, fournis par quelque 200 ports de pêche, constituant la base alimentaire, associée au riz et aux légumes, de beaucoup d’îliens. Mais elle s’est surtout constituée au rythme accéléré de l’histoire bouleversant le destin des autochtones (une minorité aborigène est toujours présente sur l’île).


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Fuyant leur province originelle du nord de la Chine, pour migrer au sud-est du continent, les Hakkaont traversé en nombre le détroit de Taïwan aux XVIIe et XVIIIe siècles, pour s’installer sur les contreforts des montagnes de l’île. Demeure aujourd’hui une cuisine fortement identitaire qu’on peut déguster dans beaucoup de restaurants de Taipei, comme au Tung Hakka Cuisine, sur Minsheng East Road, dans le quartier de Zhongshan. Parmi des spécialités souvent riches et aromatiques, les papilles peuvent s’emballer sur le porc sauté au calamar séché, agrémenté de cubes de tofu et d’oignons nouveaux, ou le fameux « poulet aux trois tasses », obtenu en faisant mijoter les morceaux de volaille dans un mélange égal de sauce soja, huile de sésame et sucre (ou vin de riz), ce qui provoque une suave caramélisation.

Le ventre moelleux du milk fish

Un demi-siècle de colonisation japonaise a laissé des traces. Dans les infrastructures, les mentalités et l’alimentation (goût pour les algues, le poisson cru, les boulettes de poulpe, les beignets façon tempura…). Bien plus grand encore aura été l’impact, en 1949, de la migration de 2 millions de Chinois du continent, suivant en exil Tchang Kaï-chek et le Kuomintang, après leur défaite face au Parti communiste de Mao Zedong. Si les traumatismes furent alors nombreux, Taïwan s’enrichissait aussi des cultures et du savoir-faire culinaires de toutes les provinces de l’empire du Milieu. Pour le plus grand bonheur des gourmands.


La « beef noodle soup » est la spécialité du restaurant Lin Dong Fang, du quartier de Zhongshan, à Taipei.
La « beef noodle soup » est la spécialité du restaurant Lin Dong Fang, du quartier de Zhongshan, à Taipei. Stéphane Davet
Une des plus célèbres chaînes de restaurants du pays, Din Tai Fung, témoigne de cet héritage multiple. Lancé au début des années 1970, le premier établissement a été créé par un Chinois du Shanxi déménagé à Taipei en 1948, qui eut la bonne idée d’engager des cuisiniers de Shanghaï pour reproduire leur spécialité de xianlongbao. Aussi appelées soup dumpling, ces sortes de raviolis ronds sont emplies d’une farce riche en gelée, transformée en jus brûlant sous l’effet de la cuisson vapeur. Pour déguster ces xianlongbao au porc, aux crevettes, aux œufs de crabe ou même à la truffe, on en perce d’abord la pâte pour recueillir la « soupe », avant d’engloutir le reste, trempé dans un mélange de sauce soja, vinaigre de riz et gingembre. Slurp !
Longtemps peu consommé dans l’île, le bœuf est, de la même façon, devenu la base d’une des spécialités taïwanaises, la beef noodle soup.Importée à l’origine du Sichuan, cette soupe, ressemblant à un pot-au-feu dans le bouillon duquel on ajouterait des pâtes de blé, fait désormais l’objet de compétitions acharnées, souvent remportées par Lin Dong Fang, autre restaurant du quartier de Zhongshan, à Taipei. Son secret : un condiment à base de graisse de bœuf pimentée.
Mais c’est d’abord dans la rue que la cuisine taïwanaise palpite. Celle de Dihua Street, considérée comme une des plus anciennes de Taipei, aligne les boutiques spécialisées dans les produits séchés. Fruits, plantes, algues, champignons, crevettes, noix de pétoncles, méduses, calamars aux odeurs d’iode boucané, mais aussi les très onéreux nids d’hirondelles, ailerons de requin, œufs de mulet dans leur gangue de cire (la recherchée poutargue locale), vendus dans ce qui ressemble à des bijouteries… Comme souvent en Chine, la pharmacopée côtoie le garde-manger.

Vendeuse de papayes et sa coiffe traditionnelle, à Tainan.


Vendeuse de papayes et sa coiffe traditionnelle, à Tainan. Stéphane Davet

C’est aussi vrai dans les multiples marchés de produits frais, souvent abrités sous une vieille halle, où la vie paysanne semble résister à la modernité. Celle au coin de Shennong Street et Hai-an Road, dans le quartier de West Central, à Tainan, regorge de fruits subtropicaux et de légumes vendus par des dames aux coiffes traditionnelles. Crus, laqués, frits ou pochés dans la sauce soja, porc et volailles (dont un troublant poulet à peau noire) exposent d’appétissantes promesses.

Tapas ou ça poisse

La variété colorée et la fraîcheur des coquillages, mollusques, crustacés et poissons pêchés dans cette ville portuaire impressionnent. La plupart frétillent encore, au point d’être parfois entravés par des liens. Long poisson d’eau douce argenté, le milk fish est l’un des plus appréciés, mais sa chair farcie d’arêtes demande de la dextérité pour en lever les filets. Les poissonniers s’y affairent sur des billots de bois. Le ventre moelleux du « poisson lait » est la partie la plus prisée. Chez Zhu Xin Ju, un des plus raffinés restaurants de Tainan, dont la maison centenaire se cache dans la ruelle de Xin Yi Road, on le sert avec du tofu, de l’ananas frais, de la ciboule et du piment, surmonté d’un émincé de jeune gingembre cru.


Crevettes, poissons, coquillages… beaucoup d’échoppes vendent des produits de la mer.
Crevettes, poissons, coquillages… beaucoup d’échoppes vendent des produits de la mer. Stéphane Davet

Aux longs menus, les Taïwanais préfèrent souvent le picorage de xiaochi, ces en-cas à dévorer sur le pouce, en particulier dans les marchés de nuit qui font de l’île l’un des paradis mondiaux de la street food. Que ce soit au Wusheng Night Market de Tainan ou, à Taipei, sur Ningxia Road, dans le quartier de Datong, ou sur les 600 m de Raohe Street menant au temple surchargé d’or de Ciyou, notre appétit s’enivre de ces fêtes foraines dont les manèges seraient des stands de cuisine.
Les huîtres, moins iodées qu’en France, sont la vedette d’une populaire omelette, dont les vendeurs coupent des parts baveuses dans d’énormes poêles.
A partir de 17 h 30, les bruyantes allées grouillent de gourmands locaux et de touristes, dont beaucoup de Chinois du continent. A chaque échoppe sa spécialité et son spectacle. Beaucoup sont vouées aux produits de la mer. Crevettes, poissons, calamars sautent dans les woks ou dorent sur la braise. Les huîtres, plus sucrées et moins iodées qu’en France, sont la vedette d’une très populaire omelette, garnie de verdure et de pousses de soja. Les vendeurs en coupent les parts croustillantes et baveuses dans d’énormes poêles. Parmi les autres classiques de ces pique-niques noctambules : les gua-bao, pain vapeur farci de poitrine de porc confite, de chou vinaigré et de poudre d’arachide légèrement sucrée ; le poulet, frit après avoir été mariné ; les multiples brochettes choisies par le client avant d’être grillées ; les raviolis à la pâte de riz gluant… Certaines échoppes deviennent célèbres pour leurs créations, comme celle faisant frire de gros encornets farcis de concombre ou celle proposant d’étonnants beignets à base de purée de taro (un tubercule doux et rosé), farcis d’un œuf de canne salé et de porc séché à la consistance duveteuse.


L’omelette aux huîtres, une des nombreuses spécialités de « street food » taïwanaise.
L’omelette aux huîtres, une des nombreuses spécialités de « street food » taïwanaise. Stéphane Davet

Goûts, couleurs, bruits et parfums font saliver, mais on peut aussi brutalement caler devant l’odeur de vieille chaussette et de chou pourri du stinky tofu. Ce tofu fermenté jusqu’à devenir « puant » est chéri des locaux, en version frite, vapeur, servi avec une sauce pimentée, ou dans une soupe accompagnée de sang de canard, tripes de porc et champignons. L’expérience n’est pas toujours à la portée des narines et estomacs occidentaux.

On préférera se rafraîchir avec un lait de papaye, un bubble tea (ce thé au lait glacé aux perles de tapioca) ou l’un des multiples desserts colorés à base de gelée d’herbe ou de fruit, garni de glace râpée, de lait de coco ou de sirop de prune acidulé. Dernière touche sucrée d’un festin sans fin.


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15 décembre 2018

Les marchés de nuit !!

Si on parle de nourriture ici, on ne peut pas, mais alors vraiment pas, ne pas parler des marchés de nuit !
Si vous voulez un endroit calme et tranquille pour vous balader le soir, ce n’est pas l’endroit ! Par contre, si vous voulez stimuler votre odorat, stimuler vos papilles gustatives,  jouer à des petits jeux de foires, venir vous détendre avec une bonne bière fraîche ou un bon jus de fruit pressé, piétiner au milieu d’une foule de gourmand et parcourir 200 mètres en 30 minutes, c’est l’endroit !
Le marché de nuit, c’est un peu le paradis des gourmands, entre tofu puant, omelettes aux huîtres etc..  vous trouverez des tonnes et des tonnes d’étales vendant toutes sortes de spécialités locales et nationales. Mais ce n’est pas tout, si vous aimez flâner et faire du shopping, vous trouverez au milieu de toute cette nourriture plein de magasins de toutes sortes très bon marché en plus de tous les stands de jeux.
Finalement, l’attraction principale ici, c’est quand même la nourriture ! Voici quelques photos qui, je pense, vous intrigueront et vous feront saliver !

Et enfin, le meilleur pour la fin :
Une soupe très spéciale accompagnée de trois shots et d'une pilule !
Une soupe très spéciale accompagnée de trois shots et d’une pilule !