31 mai 2009

Le musée de la Préhistoire, à Taitung.


Le musée de la Préhistoire est né d'un accident récent, puisqu'il abrite en grande partie des reliques découvertes non loin de là, sur un site qui devait être à l'origine celui de la nouvelle gare de Taitung. C'est en effet en effectuant des travaux de terrassement que des ouvriers mirent au jour un site préhistorique d'une qualité exceptionnelle.

Les experts et les chercheurs se précipitèrent pour l'étudier et y découvrirent tout un ensemble de sépultures constituées de cercueils de pierre qui forment le complexe funéraire le plus ancien de ce type en Asie de l'Est et dans tout le Pacifique. Pendant les premiers mois que durèrent la campagne de fouille initiale, plus de 1 500 cercueils furent excavés, ainsi qu'environ 20 000 objets ou frag ments d'objets de pierre et de terre cuite.

Les environs étaient déjà connus des archéologues japonais qui y avaient étudié, il y a une centaine d'années, de mystérieux mégalithes. En 1944 et 1945, d'autres archéologues japonais s'étaient livrés à de premières recherches sur place.

Le musée a été édifié non loin du Parc culturel Beinan où les fouilles se poursuivent, rapportant toujours plus d'informations sur les civilisations qui ont autrefois peuplé l'île. Le bâtiment ultramoderne comprend 3 grandes aires d'exposition, une première consacrée à l'histoire naturelle insulaire, une autre où l'on découvre les civilisations préhistoriques qui ont habité sur place et une troisième présentant la culture matérielle des Austronésiens de Tai wan dont les descendants, les tribus aborigènes, peuplent encore les montagnes centrales de l'île.
Nicolas Grévot




En mars dernier, le musée national de la Préhistoire, à Taitung, a reçu une donation d'objets, la plus large qui lui ait jamais été faite. Elle était formée d'une collection de plus de 4 000 objets du monde austronésien réunis par Yashichika Iwasa, un archéologue passionné des civilisations du Pacifique aujourd'hui âgé de 85 ans.

« J'ai toujours souhaité que les objets [que j'ai réunis] puissent un jour retourner dans un pays de culture austronésienne, avec une population autronésienne, a expliqué le collectionneur. C'est le cas de Taiwan. »

Tu Cheng-sheng, le ministre de l'Education, s'était déplacé en personne, présidant la cérémonie de remise des objets organisée le 21 mars à Taitung et offrant au collectionneur japonais toute l'appréciation de ses concitoyens. En l'occurrence, trop âgé, celui-ci n'avait pas pu effectuer le déplacement depuis son pays, mais il s'était fait représenter par Isamu Sakamoto, un universitaire japonais lui aussi.

Yashichika Iwasa a enseigné à l'université de Tokyo et est l'ancien directeur de l'Institut des cultures du Pacifique, au Japon. En 1940, diplômé de Kansai Engineering School, une institution aujourd'hui connue sous le nom d'Institut de technologie d'Osaka, il s'aperçoit vite qu'il est plus intéressé par l'histoire. Devenu archéologue, en 1955, il se joint à une équipe de chercheurs en visite sur des sites historiques situés autour de la mer intérieure de Seto.

En 1959, il a l'opportunité d'accompagner une équipe de l'université de Shinshu, à Nagano, lors d'un voyage d'études dans les îles polynésiennes. C'est alors qu'il se prend de passion pour les civilisations du centre et du sud du Pacifique. Au milieu des années 60, il fonde dans son pays l'Institut des cultures du Pacifique.

Il entreprend alors son œuvre de collection, s'intéressant à l'archéologie et à l'ethnologie, avec pour principal barrière celle de la langue, puisque la plupart des archipels du Pacifique ont chacun leur langue, parlée seulement sur place. D'où le temps important qu'il a consacré à leur étude. Pour se financer, il publie des maga zines spécialisés, organise des expositions ou rédige des méthodes d'apprentissage des langues de ces régions. Il a notamment publié le premier dictionnaire tahitien-japonais.



Deux masques qui font partie des objets donnés au musée de Taitung.

C'est très récemment, en octobre de l'année dernière en fait, que la connexion s'est établie entre le collectionneur et le musée national de la Préhistoire, à Taitung, par le biais de Isamu Sakamoto. Ce dernier, expert du tapa une étoffe végétale fabriquée à partir d'écorce battue que l'on retrouve dans l'ensemble de l'Océanie avait été surpris lors de son passage au musée autant par la qualité de ses infrastructures, de classe mondiale, dit-il, que par la richesse de ses collections austronésiennes.

De retour au Japon, il rencontre dans le cadre de ses recherches Yashichika Isawa qui lui fait part de son inten tion de fermer l'institut qu'il a fondé et donc de trouver un autre endroit pour abriter sa collection, car il n'a personne dans son entourage à qui la confier. Isamu Sakamoto lui recommande immédiatement d'en faire don au musée de Taitung, ce que l'octogénaire accepte, après avoir pris toutes les informations nécessaires.

Par une heureuse coïncidence, des représentants du musée étaient au Japon au moment où, en décembre, Isamu Sakamoto les informa de la nouvelle. Ils y séjournaient pour mener des recherches sur les textiles des aborigènes de Taiwan présents dans les collections des musées de l'archipel, des pièces réunies lorsque l'île était une colonie japonaise, de 1895 à 1945.

Rien de plus normal alors que des membres de la délégation, parmi lesquels Pasuya Poinocu, le conservateur du musée, se déplacent le 4 décembre pour rencontrer le généreux mécène pour la première fois. « Au début, nous pensions qu'il s'agissait juste d'une douzaine de pièces de tapa », raconte Pasuya Poinocu qui se rappelle qu'à la fin de la première journée d'inspection, avec les gens qui l'accompagnaient, il avait déjà dénombré plus de 400 objets. En plus des œuvres d'art, il y avait de nombreux documents, des photos et des ouvrages.

Une salle spéciale dans le musée, à Taitung, sera consacrée aux collections d'Yashichika Iwasa. D'après le conservateur du département Recherche et Collection au sein du musée, Lin Chih-hsing, il s'agit d'une opportunité exceptionnelle, ces 4 000 objets constituant une importante source d'informations pour les recherches taiwanaises sur le monde austronésien.


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15 mai 2009

L'École française de Taipei mise sur le bilingue !!


C'est un grand bâtiment moderne et aéré, tout en vitres, qui a poussé l'an dernier sur l'avenue Wenlin, non loin des quartiers où résident nombre de familles expatriées. Le nouveau Campus européen est impressionnant par sa superficie et ses infrastructures (bibliothèque, salles spécialisées de musique, arts plastiques, sciences, informatique, réfectoire) compte tenu de ses effectifs relativement peu élevés : il accueille 624 enfants de la pe tite section de maternelle (PS) à la fin de l'élémentaire (CM2). Le reste des classes, soit près de 400 élèves de collège et de lycée, est sur le site de Yangmingshan, dans les collines qui surplombent Taipei.

L'Ecole européenne de Taipei (Taipei European School ou TES) existe officiellement depuis le 1er janvier 2003, mais sa création est en fait le résultat d'un rapprochement progressif des écoles française, allemande et anglaise, regroupées sur un même campus dès 1992.


En 2007, l'Ecole européenne a fait un pas de plus dans l'intégration, avec le lancement par la Section française d'une classe de petite et moyenne section de maternelle bilingue français-anglais. Deux professeurs des écoles expérimentés, respectivement de langue maternelle française et anglaise, ont été recrutés en Europe spécialement pour le projet. Car la maternelle n'est que la première étape d'un projet d'envergure : le développement d'une filière complète d'enseignement bilingue allant jusqu'à la fin du collège. La filière pourrait même à terme être développée au-delà du collège, jusqu'à la fin du lycée. Les classes de niveau supérieur ouvriront année après année, au fur et à mesure de la croissance des enfants.

Afin de ne pas forcer le choix des parents, l'Ecole française a conservé la possibilité d'une maternelle monolingue à horaires renforcés en langues. Mais, cette année scolaire, le projet bilingue a fait l'unanimité parmi les parents : les 19 familles ayant inscrit leurs 21 enfants en petite et moyenne section de maternelle ont toutes choisi cette formule. Forte de ce succès, l'Ecole française se doit désormais d'entreprendre le développement de la filière bilingue. Dès le mois d'août 2008, l'équipe enseignante sera renforcée, et l'école offrira un cycle complet de maternelle (petite, moyenne et grande section) bilingue.


Capacité d'adaptation et ouverture culturelle

Qu'on se le dise, l'enseignement bilingue n'est pas un système de cours renforcés en langues, ni un système dans lequel tout est répété dans les deux langues. Il utilise alternativement l'une ou l'autre langue comme support d'enseignement, un peu comme c'est le cas pour un enfant élevé dans une famille binationale. « L'enfant apprend à différencier la langue en fonction de l'interlocuteur et devient bilingue de manière très naturelle , explique Annie Guillotin, directrice de la Section française . Dans un contexte soigneusement défini et organisé, loin de perturber l'enfant, l'alternance des langues développe sa capacité d'adaptation, sa curiosité et son ouverture culturelle. »

A terme, l'enfant est en principe capable de poursuivre son éducation dans l'une ou l'autre langue. Un avantage appréciable pour les enfants d'expatriés, dont la vie est marquée par de fréquents changements de pays au gré des affectations professionnelles des parents, avec des condi tions de vie et d'enseignement qui peuvent être très différentes. La maîtrise de deux langues permet aussi aux enfants de mieux s'intégrer dans l'environnement interna tional de leur pays d'accueil.

Une filière intégrée au système français


La création de la filière bilingue à Taipei n'est pas une expérience isolée. Le développement des classes bilingues français-anglais est une priorité de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), l'organisme qui supervise les écoles françaises à travers le monde. En Asie, la pionnière a été l'Ecole française de Hongkong, qui s'est dotée d'une maternelle bilingue dès 2000 et dont les élèves les plus âgés sont déjà en classe de CM2. L'exemple a été suivi en 2006 par les écoles de Tokyo, Singapour, Bangkok et Pékin, et en 2007 par Taipei et Manille.

A la rentrée 2008-2009, Shanghai, Hanoi et Jakarta ont rejoints le réseau, contribuant à augmenter son dynamisme et sa capacité d'accueil en Asie. Le développement d'un réseau mondial est effectivement un avantage important pour la réussite de la filière : les par ents expatriés peuvent envisager de poursuivre leur carrière dans une autre capitale tout en conservant pour leurs enfants le bénéfice du système bilingue.

Autre avantage de poids, la filière bilingue est pleinement intégrée au système éducatif français. Si les parents rentrent en métropole, les enfants pourront sans problème poursuivre une scolarité normale. Pour les enfants de nationalité française, il est par ailleurs possible de de mander une bourse scolaire auprès du gouvernement français.


Mais la filière bilingue, à Taipei, n'intéresse pas que les enfants français ou britanniques. Elle est ouverte à tous les enfants titulaires d'un passeport étranger. L'an dernier, cinq élèves venaient de familles de langue uniquement chinoise. Michelle et Ben, couple taiwanais dont les enfants sont nés à l'étranger, ont ainsi choisi le système bilingue français -anglais pour l'éducation de leurs enfants : « Les deux grands sont déjà dans la classe bilingue, la petite dernière y entrera dès qu'elle aura l'âge. Nous avons choisi cette filière, car pour nous il est important que nos enfants apprennent deux langues étrangères, en plus du chinois que nous parlons à la maison. Le français est un très bon choix : c'est une langue très répandue dans le monde, parlée notamment en Europe, au Canada et dans beaucoup de pays africains. »

Eric Allain
©Eric Allain, 2008
PHOTOS AIMABLEMENT PRETEES PAR WANG HAN-SHUN


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