30 décembre 2009

L'envolée du Vélo pliant à Taiwan !!!

Se rendre au bureau en vélo est devenu un signe d’élégance. Déjà populaires en Europe et au Japon, les vélos pliants Pacific ont aussi conquis Taiwan, où 100% de leurs composants sont fabriqués et assemblés
Reine du sur-mesure, Pacific adapte les fonctionnalités de ses vélos aux différents besoins de ses clients. (AIMABLE CREDIT DE PACIFIC CYCLES)
Une fois replié, le Birdy mesure seulement 72 x 39 x 60 cm. (AIMABLE CREDIT DE PACIFIC CYCLES)

Professeur d'anglais reconverti dans les cycles, Georges LIN a conçu lui même bon nombre de modèles de la marque qu'il a fondée il y a 29 ans.

Ses propriétaires le surnomment « l’oiseau », mais ce sobriquet n’a rien de vache : le vélo pliant Birdy, fabriqué par Pacific, n’est pas du genre à passer la nuit dehors, mais plutôt à l’abri, au « nid ». Avec les marques anglaise Alex Moulton et américaine Bike Friday, Pacific domine le marché du vélo pliant ou démontable haut de gamme. Le Birdy a bonne réputation et est en tête des ventes sur ce segment, avec 10 000 unités écoulées chaque année depuis 1997. Son prix est d’ailleurs très bon marché comparé à ceux pratiqués par Alex Moulton, dont les plus beaux exemplaires flirtent avec les 10 000 euros (environ 430 000 dollars taiwanais).Le prix des vélos pliants varie beaucoup à Taiwan. Parmi les fabricants insulaires, Merida propose des modèles vendus entre 2 500 et 30 000 dollars taiwanais, ceux de Giant vont de 4 000 à 10 000 dollars, quand les prix de KHS s’échelonnent entre 15 000 et 30 000 dollars. Pacific fait à cet égard figure de Rolls-Royce. Il faut compter au moins 30 000 dollars pour un Birdy, et certains modèles peuvent atteindre 100 000 dollars.Pourquoi une telle différence de prix ? Contrairement à ses concurrents insulaires, 100% de ce que produit Pacific est made in Taiwan et en partie réalisée à la main. Même avec l’explosion du marché des cycles, l’entreprise a en effet choisi de conserver ses procédés de production alliant lenteur et pragmatisme. George Lin, son président, a développé le Birdy avec des ingénieurs allemands. Signe de l’amélioration constante apportée à cette série, certains fans possèdent même un exemplaire de chacun des modèles commercialisés au cours des 15 dernières années. Depuis son lancement, en 1994, les prix sont restés inchangés, précise George Lin. Il ajoute que le délai de six mois en vigueur pour la livraison résulte simplement de ruptures de stock plutôt que d’une volonté d’organiser la pénurie. S’il doit son surnom à son poids plume (seulement 10 kg) et à sa taille compacte (72 x 39 x 60 cm, une fois plié), le Birdy se distingue avant tout par la géométrie de sa fourche avant. Celle-ci fait d’une pierre deux coups en plaçant l’un des axes de pliage de la bicyclette au point de contact du cadre et de la suspension. Alors que la plupart des vélos pliants rabattent la roue avant sur la roue arrière à l’aide d’un unique point de pliage situé au milieu du cadre, le Birdy en compte deux, aux extrémités. Cela accroît la résistance du cadre et permet aux cyclistes de plier ou déplier leur vélo en seulement 10 secondes.

« Les vélos des autres fabricants diffèrent seulement par le nom de la marque qu’on plaque sur le cadre, dit George Lin. Que l’on retire l’étiquette et ils se ressemblent tous. Les vélos Pacific sont différents. Même au Japon, où, pour des questions de dépôt de marque, nous avons été contraints de vendre le Birdy sous le nom de BD1, tout le monde reconnaît instantanément notre modèle. »


Un objet cultePacific emploie 116 personnes, dont seulement une cinquantaine pour l’assemblage des vélos et une vingtaine chargées du développement de nouveaux modèles. Bien sûr, des inventeurs du monde entier suggèrent souvent de nouvelles idées et propositions de partenariats. « Nous faisons tout nous-mêmes – des premières ébauches à l’assemblage, en passant par les prototypes, confie cependant George Lin. C’est la seule manière pour nous d’avoir entière confiance dans nos produits. »Une grande minutie est apportée à la fabrication des vélos, avec pour priorité leur simplicité d’utilisation. Chaque modèle est le fruit d’un long processus de conception assisté par ordinateur. Le coût d’un moulage s’élevant à 2,5 millions de dollars, la simulation informatique est en effet privilégiée.Ensuite, à chaque étape de la production – soudure, traitement thermique, peinture et assemblage – la qualité est étroitement contrôlée. L’attention portée par Pacific à l’alignement du cadre de ses vélos en est un excellent exemple. La plupart des fabricants ne procèdent qu’à un seul réalignement du cadre, à l’issue du traitement thermique. Pacific, au contraire, redresse ses cadres à chaque étape de l’assemblage pour s’assurer qu’ils ne se déforment pas, un degré de perfectionnisme loin d’être atteint par les fabricants ayant entièrement automatisé leur production.Là où la plupart des fabricants procèdent à la chaîne, les ouvriers de Pacific consacrent près d’une heure à l’assemblage de chaque vélo. Pour cette raison, la société n’a même pas jugé bon de déposer des brevets. « Nous ne craignons pas les imitations, affirme George Lin. Personne ne peut copier nos vélos ni n’est prêt à en fabriquer de cette façon.»


La fourche avant du Birdy fait d’une pierre deux coups en plaçant l’un des axes de pliage de la bicyclette au point de contact du cadre et de la suspension.


Echappée belle :


« Taiwan a des capacités manufacturières extraordinaires, dit-il, mais la plupart des fabricants ont privilégié la réduction des coûts et la production de masse. » Pacific a suivi le chemin inverse, en misant sur la technologie. « Nous n’essayons pas de grossir, ni de devenir le numéro un. Nous cherchons seulement à nous développer de manière durable », affirme l’entrepreneur.Au cours des 15 dernières années, Pacific s’est surtout reposée sur le bouche-à-oreille et la vente en ligne pour assurer la commercialisation de ses produits. Elle a aussi conservé l’habitude de ne fabriquer un vélo qu’après le dépôt d’un acompte et de ne le livrer qu’au paiement du solde.A côté de la fabrication de bicyclettes sous sa propre marque, l’entreprise développe aussi des modèles en sous-traitance pour plus de 10 fabricants différents. Le label « conçu par Pacific » compte alors autant, sinon plus, que la marque sous laquelle ils sont vendus.En fait, Pacific n’a pas toujours été spécialisée dans la production haut de gamme et à faible volume. Etablie en 1980, elle a d’abord suivi les traces de Giant ou de Merida, atteignant en 10 ans des ventes annuelles d’un milliard de dollars taiwanais. Mais la récession économique de 1992 en Allemagne, où Pacific a une filiale, l’a obligée à réduire les coûts. La société a supprimé des chaînes de production et choisi de se concentrer sur les vélos pliables, plus rentables.Entre 1992 et 2005, Pacific a remonté la pente grâce à la sous-traitance. Mais George Lin a vite senti que l’absence de politique commerciale faisait du tort à sa marque. En 2000, il a décidé de redonner progressivement la priorité à ses propres modèles, et a préparé la relance de Pacific, en 2006, avant tout sur le marché taiwanais, où il réalise maintenant près du quart de ses ventes.Etant donné la crise économique mondiale en cours, George Lin se félicite d’avoir ainsi réduit la voilure. Dans la zone industrielle de Yong’an, dans le district de Taoyuan, les panneaux « à vendre » ou « à louer » fleurissent. Pacific, elle, se porte bien et fait construire un nouveau site de fabrication à quelques centaines de mètres de son siège.





Tendance urbaine

Le succès de George Lin ne repose pas uniquement sur la maîtrise technologique acquise par sa société, mais aussi sur sa capacité à anticiper les modes tout en restant fidèle à ses idées. Le cœur de marché de Pacific n’est en effet ni le loisir ni la compétition, mais l’utilisation du vélo pliant pour des trajets urbains d’une trentaine de minutes, en combinaison avec les transports en commun. L’engouement actuel pour les vélos pliants est donc une aubaine.

« Quand les gens utilisent leur vélo pour circuler en ville, et se rendre au travail ou à l’école, cela est bon pour leur santé et pour l’environnement », rappelle George Lin. L’attention portée à l’environnement se concrétise aussi par l’utilisation d’alliages en aluminium plutôt qu’en fibre de carbone : bien que légère et résistante, cette dernière ne peut être recyclée. « Alléger un vélo de 500 g ou même d’un kilo n’est pas l’essentiel. C’est encore plus vrai pour les vélos produits par Pacific qui, pliés, peuvent être portés comme une valise. »

Poussée par la popularité du Birdy, Pacific a développé trois autres séries de vélos pliants. La série Reach (la préférée de George Lin) rassemble des vélos de compétition qui, peu après leur commercialisation, ont commencé à figurer sur le podium des courses locales de triathlon. Les modèles de la série CarryMe sont des vélos-parapluies très faciles à emporter dans les transports en commun. Enfin, les modèles de la série iF regorgent d’innovations, tout en pouvant être pliés en seulement trois secondes.

Les premières brochures publicitaires de la marque n’ont été imprimées qu’en 2006 et, bien qu’elle soit présente dans 10 pays, une stratégie marketing intégrée et des distributeurs fiables lui font défaut. La société est en train de remédier à ces lacunes, en mobilisant ce qui fait sa force : l’endurance et la détermination.


Source

Chang Chiung-fang
HSUEH CHI-KUANG / TAIWAN PANORAMA

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