31 juillet 2007

L'archipel des Penghu !!!!

Ne manquez pas de visiter l'archipel des Penghu (Office de Tourisme de Taiwan à Paris)
PENGHU,
L’ARCHIPEL DU CHRYSANTHÈME
(par Chang Chiung-fang)
Des îles ventées, dont la ressource principale a longtemps été la pêche, vivent aujourd’hui une renaissance grâce au tourisme.


Pour celui qui a connu les Penghu d’hier, le contraste saute aux yeux dès l’arrivée à l’aéroport international de Makung, inauguré il y a tout juste deux ans. Dans le centre ville, le changement est encore plus flagrant. Makung, la ville principale de l’archipel, est deux ou trois fois plus étendue qu’auparavant. Les vieux chemins de terre ont laissé place à de larges routes goudronnées. Les ports de pêche prennent des allures de sites touristiques tournés vers l’industrie des loisirs. Le Port n°2 en est un bel exemple : un drôle de bâtiment en forme de bateau y a été édifié et, non loin, une fontaine projette ses jets d’eau sur des accords romantiques. A proximité, s’élève un café de la chaîne Starbucks – il vient juste d’ouvrir –, signe évident des changements en cours. Le quai Shui-an, encore déserté il y a peu, a lui aussi été rénové. On inaugure le vingt-et-unième 7/Eleven de l’archipel, le premier détenant encore aujourd’hui le record des ventes de la chaîne au niveau national. Même succès lors de l’ouverture du premier resto-rapide McDonald.


Un peu d’histoire
Cette modernisation tardive des Penghu est en partie due à la situation géographique de l’archipel. Avec l’éloignement de Taiwan, tout vient plus lentement, comme un écho lointain. Même les quotidiens ne sont livrés qu’en milieu de matinée. Et si, en raison de la météo, les vols sont suspendus, alors l’archipel se retrouve de nouveau plongé dans la solitude.

Vu du ciel, l’archipel des Penghu, situé au large de la côte sud-ouest de Taiwan, ressemble à une poignée de perles perdues au milieu d’une vaste étendue bleue. Il s’étend sur une aire de 127 km2 et abrite environ 90 000 habitants.


La taille de la population y a varié au fil des siècles. Les Penghu sont passées sous domination de la Chine il y a quatre siècles, mais le premier occupant célèbre fut Kubilai Kahn qui, en 1281, s’y replia avec ses troupes après avoir été repoussé par les Japonais. Jusqu’au XVIIe s., d’ailleurs, les Penghu ne restèrent qu’un simple avant-poste militaire. Peu fertiles, les îles subirent néanmoins souvent les razzias des pirates, et l’administration impériale fit peu d’efforts pour les développer. Jusqu’à aujourd’hui, la plupart des habitants des Penghu sont des descendants de natifs des régions de Zhangzhou et de Quanzhou, dans la province du Fujian, en Chine, arrivés durant les dynasties Ming et Qing.


A partir de 1945, la population a augmenté sensiblement pour atteindre 121 000 habitants en 1969. Puis vint le déclin. D’abord apparut le chômage dû à la raréfaction du poisson décimé par les techniques de pêche intensive. Cela poussa les jeunes à s’embarquer pour Taiwan où florissaient alors des industries d’exportation nécessitant une main-d’œuvre abondante. Et dans les années 90, le contingent de soldats assigné sur l’archipel commença à diminuer. Ce fut la fin d’une époque.


Exode rural
Si pour le simple touriste, il est facile de détecter les changements en cours, ceux-ci sont d’autant plus flagrants pour la population locale qu’ils influencent le sens des valeurs et les comportements.
Pour Tsai Fu-sung, un professeur à la retraite originaire de l’île principale de Penghu, le mode de vie des habitants s’est radicalement transformé. Auparavant, outre la pêche, la plupart travaillaient aussi aux champs du matin au soir, coupés du reste du monde par la force des choses.


A présent, il n’y a plus guère que les personnes au-dessus de cinquante ans pour travailler la terre.Tous les jeunes sont partis chercher du travail à Taiwan, et ceux qui sont restés préfèrent tenir un commerce. L’agriculture ne les intéresse pas le moins du monde, ils ont oublié ce que dépendre de la nature pour survivre veut dire.

L’une des conséquences de cette évolution est l’apparition d’un fossé entre riches et pauvres – ainsi que l’augmentation des cambriolages et des vols à la tire. Alors qu’il y a quelques années encore, les maisons restaient ouvertes à tous les vents, aujourd’hui les pertes sont fermées à double-tour.



Tout comme Lin Wen-chen, actuellement en train de compiler toute une documentation sur les Penghu, beaucoup déplorent la dégradation de la qualité de vie. Autrefois, on construisait la demeure qui abriterait les trois générations suivantes. Or, actuellement, les pouvoirs publics offrent une prime de 20 000 dollars taiwanais pour la destruction des bâtisses qui menacent de tomber. Hélas, quantité d’anciennes demeures familiales pleines de charme ont ainsi disparu pour laisser place à de nouvelles constructions en béton. Il ne reste plus dans l’archipel que cinq résidences de style traditionnel. Toutes les cours où l’on se plaisait à converser pendant des heures ont disparu !


Trois barrières
L’autre conséquence des changements survenus dans l’archipel, ce sont les dommages certainement irréversibles infligés à son environnement.

L’ancien nom chinois de l’archipel était Xiying, qui signifie « Océan de l’ouest ». Les Portugais le baptisèrent Pescadores – les îles des Pêcheurs. En effet, depuis toujours, on y était pêcheur de père en fils. Arrivèrent les années 80 et avec elles la mauvaise habitude de pêcher au poison, puis dix ans plus tard, l’usage extensif des drèges. Il ne fallut pas bien longtemps pour que les fonds marins alentours se retrouvent quasiment dépeuplés.


Autre facteur de destruction écologique, ce qu’on appelle là-bas les « trois barrières » : les brise-lames, les murs de protection qui bétonnent les bords de mer et les murets enfermant les propriétés privées, qui furent construits il y a bien longtemps afin d’amoindrir les effets des bourrasques. Les deux premiers ont eu un impact désastreux sur l’écosystème du littoral. Non seulement ils ont coupé les habitants de l’archipel de la mer, mais ils ont en plus contribué à augmenter la température des eaux littorales, entraînant un appauvrissement de la faune et de la flore sous-marines. Penghu compte 70 ports et, entre eux, s’étendent 40 km de façades de béton. Pour Hung Kuo-hsiung, un membre de l’Association Penghu Zooxanthellae, qui travaille à la protection des algues symbiotiques vivant sur les récifs coralliens, ces brise-lames ne sont pas utiles car, de toute façon, lorsque la marée atteint l’intérieur de la baie que forment les îles, elle a déjà perdu de sa force. D’après lui, il est temps de restaurer le milieu marin et d’exposer de nouveau les côtes au grand large.


Penghu dans la journée
Le tourisme est en passe de remplacer les deux industries moribondes que sont l’agriculture et la pêche. Si dans les années 60 les visiteurs étaient essentiellement des pèlerins qui venaient prier au temple de Tianhou, après le décollage économique de Taiwan, l’archipel devint une destination touristique très populaire. On y venait surtout pour admirer le paysage. Depuis les années 90, ce surtout les jeunes tournés vers les sports aquatiques tels que le surf ou la plongée qui choisissent d’y passer des vacances.

Malheureusement pour les Penghu, aucune véritable mesure ne fut prise pour réduire l’impact de ce tourisme de masse sur le long terme. Dès le début, les tours opérateurs taiwanais ont dominé le marché, ne laissant que 45% des revenus du tourisme à la population locale. Cela ne fit qu’exacerber la concurrence et déclencha une guerre des prix. Des conditions qui ne permirent pas de développer une politique touristique adéquate dans le respect de l’archipel et de ses habitants ni de mettre en valeur le caractère des Penghu. Comme le fait remarquer Hung Kuo-hsiung, les Penghu sont dotées de reliefs basaltiques tout à fait particuliers. Leurs eaux peu profondes et leurs récifs coralliens abritent une faune et une flore très riches. Mais les habitants des Penghu n’en ont peut-être pas conscience et ne savent pas comment protéger et apprécier ce patrimoine.


Un exemple : dans les années 90, on installa des déambulatoires dans la mer afin de permettre aux touristes de patauger dans l’eau le long de la côte, une activité très en vogue à l’époque. Or, ce piétinement constant entraîna des dépradations du littoral et au bout de trois ans, tous les poissons avaient disparu le long de ces « chemins ».

Ecotourisme
Ces dernières années, l’Association Penghu Zooxanthellae a commencé à promouvoir une autre forme de tourisme, le seul qui puisse tenir sur la durée. On encourage les visiteurs à découvrir et comprendre la nature qui les entoure. On regarde, on observe, on photographie, mais on n’emporte rien avec soi, si ce n’est des photos et des souvenirs.


Une des caractéristiques de Penghu, ce sont ces pièges à poissons construits sur une période de plus de 200 ans à partir de blocs de basalt et de corail. Du ciel, cela ressemble à une « grande muraille » dans la mer. L’un d’eux, en forme de cœur, donne à l’île de Chimei, où il se situe, un petit air romantique. Penghu recèle aussi des formations de basalt et de roches éruptives aux formes assez surprenantes. Tout ce patrimoine pourrait former une base sur laquelle développer l’écotourisme.

Dans la même lignée, l’Atelier culturel de Penghu a coopéré avec les autorités locales pour mettre en place un projet pilote de zone de protection écologique sur la péninsule de Fengkui. De nombreuses activités ont été organisées autour de ce projet pour que la population locale prenne conscience de la nécessité de protéger le littoral. Une exposition a par ailleurs été présentée à l’Office du tourisme de l’île de Chipei pour expliquer la construction et l’utilisation des pièges à poissons, tout en les remettant dans leur contexte culturel.


L’authenticité d’abord
Les marées se succèdent et les temps changent, on ne peut que se plier à ce processus implacable. Mais quoi qu’il arrive, une chose est sûre : il est fondamental de préserver l’authenticité de l’archipel.

La petite taille de l’île s’avère d’ailleurs un obstacle aux réformes. Ici, tout le monde se connaît, et on se retrouve vite pris dans un labyrinthe de relations familiales, amicales, professionnelles, etc. – une pression énorme. Lorsque l’on souhaite entreprendre quelque chose, il faut savoir prendre de la distance, parfois même par rapport à sa propre famille, sinon rien n’est réalisable. La richesse et la beauté du patrimoine de Penghu sont désormais entre les mains de ses habitants, et c’est d’eux que doit venir la sagesse qui permettra de donner un avenir à ces rochers de basalt et de corail.



Merci à Claire pour les superbes photos empruntées.


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2 commentaires:

SiC a dit…

Nice place!
great page!

laurent from Alsace a dit…

Hello Chris

Comme toujours,fabuleux tes commentaires.
J'ai d'ailleurs l'intention de partir sur cette île le 10 septembre de cette année.
As tu des conseils d'hebergement,de visite touristique ?
Au plaisir d'avoir de tes nouvelles.

A bientot

Laurent

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